POLITIQUE
19/01/2016 07:23 EST | Actualisé 19/01/2016 07:33 EST

PKP refuse de renouveler sa confiance en Pierre Duchesne

Patrick Bellerose/Le Huffington Post Québec

SAGUENAY – Le chef du Parti québécois a refusé mardi de renouveler sa confiance dans son chef de cabinet, Pierre Duchesne.

Plus tôt, Pierre Karl Péladeau a affirmé qu’il n’envisageait «pas du tout» de demander le départ de l’ex-ministre qui agit comme bras droit du chef de l’opposition officielle.

Le chef péquiste a toutefois refusé de réitérer sa confiance en lui. «Je n'ai pas l'intention de commenter les rumeurs des médias. Pierre fait son travail», a-t-il affirmé au cours de la journée.

En soirée, il a refusé d’élaborer sur ses relations avec son chef de cabinet. «Parce que ça ne vous regarde pas. C’est mon équipe», a lancé Pierre Karl Péladeau aux journalistes en marge d’un événement militant à Saguenay.

«Tout va bien dans mon équipe», a-t-il ajouté, lorsque questionné à savoir si Pierre Duchesne avait toujours sa confiance.

«Je ne commenterai pas sur les rumeurs de journalistes. C’est-tu assez clair? Est-ce que vous voulez que je vous le répète quatre fois? Je peux le faire, si vous le souhaitez», a dit le chef péquiste sur un ton exaspéré.

Pierre Karl Péladeau a aussi répondu au chef caquiste, François Legault, qui affirme que plusieurs députés péquistes songent à rejoindre son parti. «Moi, de la part de monsieur Legault, je m’inquiéterais plutôt de mon parti, a lancé le chef péquiste. Je pense qu’il y a eu de nombreux départs.»

Par ailleurs, Pierre Karl Péladeau a reconnu, tout comme François Legault, que le statu quo entre la CAQ et le PQ pourrait perpétuer le «monopole libéral». «Oui, tout à fait, a répondu le chef péquiste. Je pense que monsieur Legault n’a rien inventé en disant une chose semblable. C’est une vérité de La Palice.»

Ce n'est pas la première fois que des tensions surgissent depuis l'élection de Pierre Karl Péladeau à la tête du PQ en mai 2015. Des médias avaient rapporté l'automne dernier des tensions entre Pierre Duchesne et des députés.

Le chef péquiste les avait minimisées et avait indiqué que les changements sont toujours accompagnés d'interrogations, mais pas nécessairement de tensions. C'était normal, selon lui, qu'il y ait des changements à l'intérieur d'une organisation.

Des membres du personnel péquiste ont quitté leurs fonctions, l'automne dernier, après que Pierre Karl Péladeau eut redistribué les responsabilités au sein de son caucus.

Le député de Chicoutimi, Stéphane Bédard, a démissionné l'automne dernier après avoir perdu son poste de leader parlementaire, confié à Bernard Drainville, un adversaire de Pierre Karl Péladeau qui s'était rallié juste avant le vote des militants pour leur nouveau chef.

Pierre Karl Péladeau avait reconnu que ces changements ont provoqué certaines réactions.

Ce n'est pas un hasard si cette réunion préparatoire des élus péquistes se déroule à Saguenay. Une élection complémentaire doit se tenir dans la circonscription de Chicoutimi pour élire un successeur à Stéphane Bédard, qui a occupé ce siège pendant 17 ans. La date du scrutin n'a toutefois pas encore été arrêtée.

Cette circonscription a été longtemps reconnue comme un bastion péquiste. Mardi, Pierre Karl Péladeau et ses collègues ont fait une tournée qui s'apparentait à une campagne électorale.

Avec La Presse canadienne