DIVERTISSEMENT
19/01/2016 03:49 EST | Actualisé 19/01/2016 03:56 EST

La puissante voix Lisa Fischer bientôt au Théâtre Corona (ENTREVUE/PHOTOS)

Courtoisie

Les Rolling Stones, Aretha Franklin, Sting, Tina Turner, Luther Vandross, Chris Botti, Chaka Khan, et même Nine Inch Nails ont tous collaboré avec la choriste américaine Lisa Fisher depuis ses débuts il y a une trentaine d’années. La raison est fort simple: elle a une voix du tonnerre qui lui permet de travailler avec les plus grands. Le phénomène, qui offre de nombreux concerts depuis deux ans avec le trio Grand Baton dans le cadre d’une carrière solo, sera de passage au Théâtre Corona de Montréal, le 30 janvier.

Au bout du fil, Lisa Fischer l’admet d’emblée: le film documentaire Twenty Feet From Stardom (paru en 2013, il a remporté un Oscars), auquel elle a participé, a donné un gros coup de pouce à sa carrière solo qu’elle mène en dilettante depuis des années. Le film, réalisé par Morgan Neville, retrace le parcours de choristes (Lisa Fischer, Merry Clayton, Darlene Love, Tata Vega, Jo Lawry, entre autres) qui ont laissé leur marque sur des chansons devenues extrêmement populaire, sans toutefois avoir une carrière solo équivalente.

Originaire de Brooklyn aux États-Unis, Lisa Fischer a commencé carrière de chanteuse au début des années ‘80. Or, elle a vraiment pris son envol grâce à la sortie de l’album So Intense, en 1991. Sur cet opus, le morceau R’n’B How Can I Ease the Pain? lui a valu un Grammy l’année suivante.

Entre ces deux moments charnières, soulignés à chaque fois d’un important trophée, Lisa Fischer n’a pas chômé, bien au contraire. Mais sa carrière solo fut de longs moments mis en veilleuse. Depuis plus de trente ans, elle excelle auprès de stars internationales à titre de choriste. Ses «amis» les Rolling Stones l’occupent énormément lorsque le groupe est en tournée. Il en a été de même avec de nombreux artistes qui parcourent le monde afin de livrer des tournées de plusieurs concerts.

Cela dit, Fischer a toujours voulu chanter à sa façon, ou disons plutôt gérer la scène comme elle l’entend. Voilà comment s’explique l’association entre la dame de 57 ans et Grand Baton (formé par le multi-instrumentiste et directeur musical new-yorkais Jean-Christophe Maillard, le batteur Thierry Arpino et le bassiste Aidan Carroll), née il y a un peu plus de deux ans.

« Au cours des spectacles que nous proposons, j’interprète des morceaux appartenant la plupart du temps à des artistes avec lesquels j’ai travaillé au fil du temps, raconte au bout du fil Lisa Fischer d’une voix douce et très agréable. Des chansons (Jumpin’ Jack Flash et Wild Horses) des Rolling Stones, par exemple. Parfois, j’envoie des trucs que j’aime personnellement comme Rock'n'Roll de Led Zeppelin. Il y a aussi dans le concert des pièces de Tina Turner. Je dois préciser que nous proposerons aussi des trucs de notre cru, puisque j’y tiens. »

En effet, Fischer compte enregistrer un album avec les gars de Grand Baton, qu’elle respecte beaucoup au plan professionnel et humain. Ils ont développé différents morceaux, dont certains peuvent être joués ou non durant la soirée.

« Ce sont devenus des amis et en plus ils sont excellents, ajoute Fisher. J’ai une très grande confiance en Jean-Christophe, que j’ai justement engagé pour partir en tournée, en 2013. Je pense qu’il est temps que je crée un disque contenant de nouvelles chansons. Nous avons déjà exploré ensemble et d’après moi c’est le moment parfait. D’autant plus que j’ai décidé de ne pas participer à la prochaine tournée des Rolling Stones (avec lesquels elle travaille depuis 1989), qui commencera au début février. Grand Baton et moi allons continuer la tournée de spectacles durant une bonne partie de l’année et tenter de composer du matériel. »

Et cette décision de quitter les Rolling Stones, le temps d’une tournée?

«C’est certain que c’est étrange de penser que je serai pas sur les planches avec Keith (Richards) et Mick [Jagger], admet la chanteuse. J’adore participer à leurs spectacles, c’est toujours une magnifique expérience. En même temps, je suis très heureuse de m’investir dans quelque chose de personnel et d’aussi singulier. De toute manière, mes chéris des Stones aiment ce que je propose avec Grand Baton et ils m’encouragent à continuer », lance-t-elle en riant.

Rock et chaleur des Caraïbes

Dans une seconde entrevue, le directeur musical Jean-Christophe Maillard explique que son travail a toujours été influencé par ses origines (il a grandi en Guadeloupe, où de nombreux membres de sa famille et amis s’y trouvent encore) caribéennes. Il fait une musique bigarrée qui allient les rythmes dansants africains, le rock’n’roll, le psychédélique et la soul. En fait, tous les genres qui l’inspirent peuvent avoir une certaines part d’influence dans l’identité de son trio.

« Je crois que les concerts que nous proposons sont très particuliers et riches, affirme le musicien. Nous avons créé un univers musical qui nous est propre. C’est très vivant. Et même si nous reprenons des classiques de la musique rock, nous arrivons à offrir beaucoup de variantes. D’autant plus que Lisa est extrêmement habile à passer d’un genre musical à un autre. Elle a une voix puissante et versatile qui nous permet de tout faire. En plus, elle a cette liberté hors du commun qui lui donne une énergie que l’on retrouve très rarement sur scène chez les interprètes. »

Depuis que son projet solo avec Grand Baton a vu le jour, Lisa Fischer s’est donnée une multitude de fois en spectacle. La critique, en général, raffole de ce concert. De toute évidence, le public aussi. D’ici l’été, elle donnera plus d’une soixantaine de performances, dont 14 représentations à la mythique salle de New York, le Blue Note. Selon Maillard, d’autres dates se sont récemment ajoutées dans plusieurs pays à l’extérieur du continent américain.

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Lisa Fischer et Grand Baton, au Théâtre Corona – Montréal - le 30 janvier, en formule cabaret.