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18/01/2016 03:37 EST | Actualisé 18/01/2017 00:12 EST

Washington réclame la libération des étudiants en Birmanie avant l'arrivée au pouvoir de Suu Kyi

Washington a appelé lundi la Birmanie à libérer les dizaines d'étudiants encore emprisonnés, et ce avant le transfert de pouvoir, dans quelques semaines, à l'opposante Aung San Suu Kyi.

"ce serait un juste aboutissement de relâcher tous les prisonniers politiques afin que la transition soit complète", a déclaré Antony Blinken, secrétaire d'Etat américain adjoint, lors d'une conférence de presse à Naypyidaw, la capitale administrative birmane.

Il a assuré avoir discuté du dossier des étudiants emprisonnés avec Aung San Suu Kyi le même jour, lors de la première rencontre entre l'opposante historique et un haut responsable américain depuis la victoire de celle-ci aux législatives de novembre 2015.

Cette victoire lui ouvre pour la première fois les portes du pouvoir, après des décennies de lutte contre la junte militaire qui s'est autodissoute en 2011. Les héritiers de la junte, toujours au pouvoir, ont promis de le transmettre à Aung San Suu Kyi.

Elle doit inaugurer lundi 1er février le nouveau Parlement, dominé par son parti, la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), faire nommer un président et former dans les semaines suivantes un gouvernement.

Des signes de raidissement du régime s'étaient multipliés avant les législatives, avec des arrestations d'étudiants et d'internautes. En mars 2015, des centaines d'étudiants étaient descendus dans la rue pour protester contre une réforme controversée de l'éducation.

Une soixantaine d'entre eux sont toujours derrière les barreaux dans l'attente de la fin de leur procès.

"J'espère qu'ils seront libérés avant l'arrivée du nouveau gouvernement", a réagi Phoe Thar, représentante du mouvement étudiant, interrogée par l'AFP.

Antony Blinken a par ailleurs souligné les autres défis qui attendent Aung San Suu Kyi sur la "route vers la démocratie", notamment les conflits armés avec plusieurs minorités ethniques.

Il a notamment rappelé "la grande inquiétude" de Washington quant au sort de la minorité musulmane des Rohingyas, victime de "violences et discriminations" en Birmanie.

Des dizaines de milliers de Rohingyas vivent dans des camps de fortune dans l'ouest de la Birmanie depuis que des violences intercommunautaires meurtrières ont fait en 2012 plus de 200 morts, principalement des musulmans.

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