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18/01/2016 01:01 EST | Actualisé 18/01/2017 00:12 EST

Turquie: au moins un mort dans des tirs d'obus près d'une école à la frontière avec la Syrie

Au moins une personne a été tuée lundi par des obus, probablement tirés depuis la Syrie, qui sont tombés près d'une école dans la ville de Kilis, dans le sud de la Turquie à quelques kilomètres de la frontière syrienne, ont rapporté les médias turcs.

Trois autres personnes au moins, dont l'une sérieusement touchée, ont été blessées par ces tirs, ont précisé les précisé la chaîne d'information NTV.

Interrogé par les chaînes d'information locales, le maire de Kilis, Hasan Kara, a indiqué que les obus venaient "très probablement" de la Syrie voisine.

Ces informations n'ont pas été immédiatement confirmées de source officielle.

Les télévisions turques ont diffusé lundi matin des images d'ambulances transportant des blessés jusqu'à l'hôpital de la ville et de policiers en train de récupérer des fragments dans la cour du collège visé, dont de nombreuses vitres ont été soufflées par l'explosion.

Des obus tirés depuis la Syrie en guerre ont déjà visé des localités frontalières turques depuis le début du conflit en avril 2011, faisant à plusieurs reprises des victimes.

En vertu de ses règles d'engagement, l'armée turque y répond systématiquement par des tirs d'artillerie visant les positions d'où sont partis les tirs.

Le groupe Etat islamique (EI) occupe encore dans l'extrême nord du territoire syrien, le long de la frontière turque, une bande d'une centaine de 100 km située à l'est de Kilis. Le secteur situé au sud de Kilis est le théâtre régulier de violents combats impliquant de nombreux groupes rebelles, dont l'EI.

Le mouvement jihadiste est accusé par les autorités turques d'être à l'origine de l'attentat suicide qui a tué le 12 janvier dix touristes allemands à Istanbul.

Selon la Turquie, l'attaque a été perpétrée par un Syrien âgé de 28 ans, identifié dans les médias comme Nabil Fadli, "membre" du groupe jihadiste et entré sur le territoire turc en provenance de Syrie comme un "simple migrant".

Dix autres suspects ont été inculpés et écroués dimanche en lien avec cet attentat.

En représailles à cette attaque, l'artillerie turque a bombardé la semaine dernière des positions de l'EI en Irak et en Syrie.

"Nous lutterons d'une manière déterminée contre l'organisation terroriste Daech (acronyme arabe de l'EI) jusqu'à ce qu'elle quitte définitivement la frontière turque", a alors promis le Premier ministre islamo-conservateur Ahmet Davutoglu.

L'attentat d'Istanbul est le quatrième sur le sol turc attribué par Ankara à l'EI depuis juin 2015. Le plus meurtrier, perpétré en octobre devant la gare centrale d'Ankara, a fait 103 morts et plus de 500 blessés lors d'une manifestation prokurde.

Longtemps accusée de complaisance à l'endroit des rebelles radicaux en guerre contre le régime de Damas, la Turquie a rejoint l'été dernier la coalition internationale antijihadiste.

Depuis l'automne, sa police a multiplié les coups de filet dans les milieux jihadistes et renforcé ses contrôles frontaliers pour tenter d'endiguer le flux des recrues étrangères qui rejoignent l'EI en Syrie.

pa/pt