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18/01/2016 03:27 EST | Actualisé 18/01/2017 00:12 EST

Round de consultations pour former un gouvernement en Espagne

Le roi d'Espagne Felipe VI a entamé lundi les consultations des partis politiques pour explorer les possibilités de former un gouvernement en surmontant le blocage résultant des élections législatives.

Le gouvernement conservateur de Mariano Rajoy expédie les affaires courantes depuis les législatives du 20 décembre où il a perdu la majorité absolue.

Suivant la Constitution, le roi écoute les différents partis représentés à la chambre avant de désigner un candidat à la formation du gouvernement, qui doit ensuite obtenir les voix d'une majorité des députés.

Faute d'accord dans les deux mois qui suivent la première tentative de vote d'investiture, de nouvelles élections doivent être convoquées.

Felipe VI, 47 ans, remplira ce rôle pour la première fois. Il affronte une situation que n'a jamais connue son père Juan Carlos, qui a abdiqué à l'été 2014: une chambre divisée en quatre principaux partis qui refusent jusqu'à présent tout compromis pour former un gouvernement.

Mariano Rajoy propose sans succès une grande coalition de son Parti Populaire (PP, 123 sièges) avec le Parti socialiste (PSOE, 90 sièges) et le nouveau parti libéral Ciudadanos (40 sièges).

Le chef du PSOE, Pedro Sanchez, ne veut pas en entendre parler. Il propose en revanche une coalition de gauche avec le nouveau parti anti-austérité Podemos (69 sièges) et de petites formations nationalistes. Mais Podemos pose des conditions jusqu'à présent inacceptables pour les socialistes.

- 'cartes sur la table' -

Du Parti Populaire jusqu'à Podemos, tous se défendent de souhaiter de nouvelles élections. Un sondage publié dimanche par El Pais, montre qu'une majorité de 61% des Espagnols n'en veut pas.

Un nouveau scrutin ne modifierait d'ailleurs pas fondamentalement le rapport des forces, selon cette enquête. Podemos, fondé il y a deux ans à peine, dépasserait en nombre de votes le PSOE fondé en 1879, mais sans obtenir de majorité de gouvernement.

"Ce pays a besoin d'un gouvernement au plus vite", a insisté lundi Mariano Rajoy, qui se targue d'avoir redressé l'économie du pays et craint que l'incertitude politique ne décourage les investisseurs.

Il n'est pas le seul à manifester cette inquiétude. "Je souhaiterais que l'Espagne se dote le plus rapidement possible -- vu qu'il s'agit d'un membre de la zone euro -- d'un gouvernement stable", a déclaré vendredi le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker.

"Du point de vue des entreprises, ce qui nous intéresse c'est qu'il y ait un gouvernement solide, fort, de ceux qui affrontent les difficultés économiques", a déclaré le président de la puissante fédération patronale CEOE, Juan Rosell, à l'AFP.

Mais M. Rajoy s'est bien gardé de confirmer les indiscrétions de la presse selon lesquelles il serait prêt à revenir sur plusieurs de ses réformes controversées pour attirer de futurs partenaires.

"Celui qui met ses cartes sur la table avant d'entamer une négociation est un piètre négociateur", a expliqué le dirigeant conservateur, accusé d'immobilisme par tous ses adversaires.

Le roi a commencé ses consultations par les plus petits partis. Lundi il recevait des élus de l'archipel des Canaries, dans l'Atlantique, et de la région montagneuse des Asturies, dans le nord du pays. Il doit terminer vendredi par Mariano Rajoy et tous s'attendent qu'il le laissera tenter d'obtenir l'investiture dans la semaine du 25 janvier.

S'il échoue, comme tout le laisse à penser, Pedro Sanchez essaiera à son tour.

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