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18/01/2016 01:10 EST | Actualisé 18/01/2017 00:12 EST

Réfugiés: Pour Athènes, les passeurs bénéficient de soutien en Turquie

Le président grec Prokopis Pavlopoulos a accusé lundi les autorités portuaires en Turquie de soutenir les passeurs qui organisent, dans des conditions périlleuses, la traversée de centaines de milliers de migrants vers les îles grecques, porte d'entrée dans l'Union européenne.

"Je crains fort que les passeurs turcs ne soient soutenus par les autorités", a-t-il souligné dans une interview au quotidien Süddeutsche Zeitung, à l'occasion de sa première visite en Allemagne.

"En particulier, les autorités portuaires font comme si elles ne voyaient rien", a ajouté le chef de l'Etat. "Il y a des cas où les passeurs seraient aidés. Nous avons des preuves. C'est une sorte de commerce des esclaves".

"Je ne parle pas ici des dirigeants turcs", a-t-il toutefois souligné. "Mais nous avons de nos postes avancés sur les îles des preuves que les autorités portuaires travaillent avec des passeurs".

De telles accusations sont régulièrement portées par les organisations de défense des droits de l'Homme et les ONG qui viennent en aide aux réfugiés sur les îles de la mer Égée qui concentrent l'essentiel des arrivées de migrants en Europe.

Athènes et Ankara, qui entretiennent des relations délicates, croisent le fer depuis des mois dans la crise des réfugiés qui fait quasiment chaque jour des morts par naufrage au large des côtes gréco-turques.

La Grèce accuse notamment la Turquie de ne rien faire pour stopper l'afflux de migrants alors que plus de 2,2 millions de réfugiés essentiellement syriens se sont réfugiés dans le pays depuis le début de la guerre en Syrie.

Prokopis Pavlopoulos, premier haut dirigeant grec à se rendre à Berlin depuis la conclusion à Bruxelles d'un nouveau plan de secours à la Grèce en juillet, a salué la politique de la main tendue menée par la chancelière Angela Merkel.

Sa politique "est courageuse", a-t-il jugé. L'an dernier quelque 1,1 million de migrants ont rejoint l'Allemagne en quête de paix ou de travail.

"Merkel est une grande responsable politique", a-t-il aussi martelé. "Et l'Histoire le prouvera", selon lui. Des propos qui tranchent avec ceux tenus l'an dernier par les dirigeants grecs, notamment le Premier ministre Alexis Tsipras, qui a livré un bras de fer avec Berlin durant des mois, avant de devoir accepter des conditions draconiennes pour l'obtention d'un nouveau plan d'aide international.

yap/alf/alc