NOUVELLES
18/01/2016 07:35 EST | Actualisé 18/01/2017 00:12 EST

Pays-Bas: procès d'un violeur en série présumé, identifié par son ADN 20 ans après

Un homme, accusé d'être un violeur en série, est jugé depuis lundi au tribunal d'Utrecht, dans le centre des Pays-Bas, 20 ans après les faits pour lesquels il a été identifié en 2014 par son ADN.

L'homme était soupçonné de sept viols et 16 autres délits de moeurs mais, faute de preuves, n'est poursuivi que pour quatre affaires de viols présumés, commis en 1995 et 2001.

"Il s'agit des affaires où nous disposons de preuves, où de l'ADN a été retrouvé", assure à l'AFP une porte-parole du parquet local, Mary Hallebeek.

L'homme de 52 ans, identifié comme Gérard T. par les médias néerlandais, avait été identifié en 2014 : condamné pour le vol d'un vélo, il avait dû fournir son ADN pour que celui-ci soit enregistré sur la base de données nationale.

A la "grande surprise" des enquêteurs, son ADN correspond à celui retrouvé dans plusieurs affaires de viols imputés au "violeur en série d'Utrecht", qui a sévi en particulier en 1995 et 1996 dans la banlieue de cette ville étudiante, notamment autour de l'université.

A l'époque, l'affaire avait provoqué la mise en place d'importantes mesures de sécurité et le début de la plus grande chasse à l'homme jamais organisée dans la région.

Pour protéger les étudiantes, des bus spéciaux avaient été affrétés, des arbres coupés, des chemins illuminés. L'homme avait commis quatre viols et six tentatives lors de ses premiers mois, selon la télévision publique néerlandaise NOS.

Plus de 300 hommes avaient été interrogés, des échantillons ADN prélevés de manière volontaire et des agents déguisés en femme s'étaient rendus dans "les zones à risque" dans l'espoir de confronter le violeur.

Mais après un cinquième viol présumé en 1996, silence. L'enquête est fermée au printemps 2001. Quelques mois plus tard, une jeune fille de 16 ans est violée.

L'une des victimes de 1996 avait également 16 ans à l'époque des faits. Une autre avait été attachée à un arbre avant d'être violée, notamment avec l'aide d'un objet.

Le parquet doit terminer sa présentation mardi et peut exiger une peine de maximum de 16 ans de prison, a ajouté la porte-parole du parquet.

Depuis son arrestation, Gérard T. a refusé de s'exprimer, aussi bien au cours de l'enquête et des évaluations psychologiques que lundi devant les juges, a-t-elle souligné.

Selon la NOS, il a néanmoins affirmé, via son avocat, avoir été victime d'abus sexuels dans sa jeunesse et subir en conséquence de trouble de stress post-traumatique (PTSD).

mbr/jkb/ib