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18/01/2016 06:18 EST | Actualisé 18/01/2017 00:12 EST

Pas de lien entre la libération des prisonniers et la levée des sanctions (Kerry)

Le secrétaire d'Etat John Kerry a affirmé lundi que les détenus américains en Iran auraient été libérés même sans levée des sanctions imposées à Téhéran par Washington, deux événements intervenus samedi.

"Vraiment, il n'y a aucun lien", a indiqué le chef de la diplomatie américaine sur la chaîne de télévision CNN.

Il était interrogé sur le dénouement concomitant de plusieurs dossiers: la remise en liberté de quatre Irano-américains emprisonnés en Iran, la levée des sanctions américaines dans la foulée de l'entrée en vigueur de l'accord historique sur le programme nucléaire de Téhéran ou encore le règlement d'un litige financier devant le tribunal arbitral de La Haye datant de la Révolution islamique de 1979.

Les prisonniers auraient-ils quand même été libérés sans levée des sanctions? "Oui", a-t-il répondu.

"Je pense que nous avions une voie distincte pour (cette affaire), et nous avions clairement précisé que si nous trouvions la bonne équation, ce n'était pas lié à l'entrée en vigueur" de l'accord sur le nucléaire conclu en juillet 2015 entre les grandes puissances et l'Iran, préalable à la levée des sanctions.

"Il se trouve que c'est arrivé en même temps. Je pense que tout le monde a pensé que ce serait favorable, mais ce n'était pas directement lié", a-t-il expliqué, précisant qu'il avait "espéré que (la libération) intervienne il y a deux mois mais il y a eu un écueil et nous avons continué à négocier".

Le départ des prisonniers d'Iran a également été retardé par un problème de dernière minute, a-t-il expliqué.

Selon lui, l'épouse de Jason Rezaian --correspondant du Washington Post à Téhéran arrêté en juillet 2014-- ne figurait pas sur le manifeste de l'avion devant rallier la Suisse avec les ex-détenus.

"Donc nous avons dû la localiser et, franchement, le ministre des Affaires étrangères (iranien Mohammad Javad) Zarif et d'autres, le président, ont immédiatement compris que les termes de l'accord incluaient son épouse", a raconté M. Kerry. "Donc nous avons vécu une période où il a fallu les localiser et, au final, les réunir avec Jason".

M. Kerry a confié que samedi avait été "l'une des journées les plus complexes que j'ai vécu parce qu'il y avait tellement de pièces en mouvement et qu'il fallait simultanément prendre confiance".

M. Zarif "a agi professionnellement et lorsqu'il a donné sa parole, il a tenu sa parole. Je pense que c'est très important dans notre future relation".

Pour M. Kerry, la confiance dans l'Iran peut croître si les grandes puissances voient que l'accord sur le programme nucléaire "est minutieusement respecté et également si l'Iran commençait à se joindre à nous pour apporter la paix en Syrie, pour gérer le Yémen, réduisait ses activités dans les autres pays".

elm/lb