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17/01/2016 20:49 EST | Actualisé 17/01/2017 00:12 EST

Nouveaux pourparlers pour relancer le processus de paix afghan

Un deuxième round du dialogue quadripartite destiné à remettre sur les rails le processus de paix entre Kaboul et les talibans doit s'ouvrir lundi dans la capitale afghane, à l'heure où les insurgés multiplient les attentats et les offensives militaires.

Après une première session organisée à Islamabad il y a une semaine, ce round réunira à nouveau des représentants chinois, américains, pakistanais et afghans. "Cette réunion est très importante parce qu'elle va se concentrer sur la feuille de route pour arriver à la paix en Afghanistan", a déclaré à l'AFP Shakaib Mustaghni, porte-parole de la diplomatie afghane.

Mais aucun représentant des talibans n'est attendu et on ignore quand ils seront prêts à reprendre les pourparlers, interrompus l'été dernier à l'annonce de la mort du fondateur du mouvement, le mollah Omar. L'Afghanistan avait assuré la semaine dernière qu'Islamabad s'apprêtait à dévoiler la liste des talibans prêts à négocier, mais cette annonce est restée lettre morte.

En outre, la méfiance que nourrissent l'Afghanistan et le Pakistan l'un envers l'autre risque de freiner la progression du dialogue. Le Pakistan était l'un des trois seuls pays à avoir reconnu le régime des talibans entre 1996 et 2001, et Kaboul accuse son voisin de parrainer les insurgés notamment en leur fournissant des sanctuaires.

Les premiers pourparlers directs entre le gouvernement afghan et les talibans ont eu lieu en juillet, mais ils ont tourné court après l'annonce au cours du même mois de la mort du mollah Omar.

Sa succession donne lieu à une guerre des chefs et leur nouveau leader, le mollah Akhtar Mansour, est loin de faire l'unanimité. Les problèmes ont éclaté au grand jour lorsqu'une faction, emmenée par le mollah Mohammed Rassoul, a fait sécession à la fin de l'année dernière. En décembre, le mollah Mansour a été blessé dans une fusillade déclenchée par une querelle entre cadres au Pakistan.

Mais ces dissensions n'ont pas empêché les talibans d'accentuer leur insurrection dans l'ensemble de l'Afghanistan.

Ils sont parvenus à conquérir brièvement la ville de Kunduz (nord), fin septembre. Et ces dernières semaines, ils ont multiplié les attaques contre les symboles de la présence étrangère dans le pays et pris le contrôle de grandes parties du district clé de Sangin, dans la province du Helmand (sud).

Selon les observateurs, l'intensification des combats semble être liée à une volonté des insurgés de gagner du terrain avant les pourparlers, afin d'y obtenir des concessions plus importantes.

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