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18/01/2016 11:09 EST | Actualisé 18/01/2017 00:12 EST

Les élus britanniques critiquent Trump, mais peu veulent lui bloquer l'entrée

LONDRES — Donald Trump n'a pas beaucoup d'admirateurs au Parlement britannique. Mais si les députés l'ont critiqué ouvertement, lundi, ils étaient peu enclins à vouloir empêcher le coloré candidat républicain à la présidentielle américaine d'entrer au Royaume-Uni.

Lors d'un débat de trois heures, les élus britanniques des principaux partis se sont levés pour qualifier M. Trump de «démagogue» et «d'idiot» en quête d'attention. Plusieurs d'entre eux considèrent toutefois qu'il ne devrait pas être interdit d'entrée au Royaume-Uni.

Le conservateur Tom Tugendhat a déclaré que «même s'il croyait cet homme fou», il ne voudrait pas être celui qui le réduise au silence. D'autres députés ont fait écho à ces propos, affirmant qu'une telle mesure portrait atteinte à la liberté d'expression.

Le Parlement s'est saisi de la question après qu'un million de Britanniques eurent signé une pétition pour exclure du pays le meneur de la course républicaine. La pétition a été lancée lorsque M. Trump avait annoncé son intention d'interdire aux musulmans d'entrer aux États-Unis. Le politicien américain avait également suggéré que certaines régions au Royaume-Uni était si radicalisées que les policiers craignaient pour leur vie.

En vertu de la loi britannique, toute pétition signée par 100 000 personnes doit être considérée pour un débat parlementaire.

La séance de lundi a été organisée pour discuter du sujet, pas pour tenir un vote sur la question.

Le député travailliste Paul Flynn, qui avait ouvert les débats, a affirmé que M. Trump avait déjà reçu «trop d'attention». «Le grand danger en attaquant cet homme, c'est que nous pouvons lui donner une aura de victime» et l'aider à gagner en popularité, a-t-il déclaré.

Une autre députée travailliste a toutefois appuyé l'interdiction d'entrée. «C'est un homme qui est extrêmement connu... un homme qui passe une entrevue pour l'emploi le plus important dans le monde. Ses mots ne sont pas comiques, ses mots ne sont pas drôles. Ses mots sont empoisonnés», a-t-elle déploré.

Le premier ministre britannique David Cameron a condamné les remarques de M. Trump sur les musulmans, parlant de commentaires «stupides, controversés et faux» — mais il n'appuie pas l'idée de lui interdire l'entrée au pays.

Le gouvernement britannique a le pouvoir d'interdire l'entrée au pays de gens reconnus coupables d'accusations criminelles ou dont la présence est jugée «peu propice au bien public». Cette mesure a notamment été utilisée contre le boxeur Mike Tyson, le rappeur Tyler the Creator et des leaders musulmans radicaux.

Les Britanniques avaient également banni du pays le député danois antimusulman Geert Wilders en 2009. M. Wilders avait poursuivi le gouvernement et avait finalement pu entrer au Royaume-Uni.