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18/01/2016 10:22 EST | Actualisé 18/01/2017 00:12 EST

Législatives en Iran: nombreux candidats surtout réformateurs rejetés

Le camp des réformateurs en Iran a protesté lundi contre le rejet de 99% de ses candidats aux élections législatives prévues le 26 février et appelé les autorités concernées à revoir leur décision.

Environ 60% des candidats inscrits pour les législatives ont été rejetés, et seul 1% des personnalités du camp réformateur ou critiques du pouvoir vont pouvoir se présenter, ont rapporté les médias.

"Sur un peu plus de 12.000 candidats inscrits, 4.700 ont été approuvés soit environ 40%", a déclaré Siamak Rah-Peyk, porte-parole de la commission centrale de la surveillance, qui dépend du Conseil des Gardiens de la constitution, contrôlé par les conservateurs et chargé de superviser les élections.

"Sur 3.000 candidats réformateurs sur l'ensemble du pays, seuls 30 ont été approuvés, soit 1% seulement", a protesté Hossein Marachi, un responsable réformateur cité par le quotidien Shargh.

"A Téhéran, seuls quatre candidats réformateurs ont été approuvés. Nous devons présenter une liste de 30 candidats mais comment pouvons-nous le faire avec seulement quatre noms?", a-t-il demandé. Les Téhéranais doivent élire 30 députés sur un total de 290 au Parlement.

Certains journaux réformateurs n'hésitent pas à parler du "choc des rejets de candidatures".

Le président Hassan Rohani a déclaré qu'il "utilisera ses pouvoirs en tant que président" pour tenter de faire changer la position du Conseil des Gardiens de la constitution.

Le Conseil supérieur des réformateurs pour les élections, qui regroupe la plupart de ces partis, s'est déclaré "inquiet du rejet massif des candidats réformateurs (...) qui pourrait affecter la participation électorale", dans un communiqué publié par l'agence officielle Irna.

Il a demandé au Conseil de "revenir sur ces décisions" et réclamé l'intervention de M. Rohani.

Le président "négociera avec le Conseil des Gardiens pour défendre les droits des candidats recalés dans le cas où il y aurait des erreurs", a déclaré Elham Aminzadeh, la vice-présidente chargée des affaires juridiques, citée par l'agence Isna.

L'analyste politique Saeed Laylaz proche du camp des réformateurs, a dit espérer un réexamen des candidatures rejetées et l'approbation de beaucoup plus de candidats sur la liste finale.

"Les jeux ne sont pas encore faits", a-t-il dit à l'AFP. "Nous nous attendions à des rejets de la part du Conseil mais je suis confiant qu'il y aura une solution. Ces rejets peuvent nuire à la crédibilité du scrutin".

Les législatives du 26 février sont importantes pour M. Rohani qui espère obtenir une majorité plus conciliante - l'actuel Parlement étant dominé par les conservateurs -, pour accélérer ses réformes politiques et sociales.

Les candidats rejetés peuvent faire appel et le Conseil publiera la liste définitive le 4 février.

Certains n'ont pas été retenus parce qu'ils avaient été condamnés par des tribunaux ou parce qu'ils avaient rendu un dossier incomplet, a expliqué M. Rah-Peyk.

En 2012, sur près de 5.300 candidats inscrits, 3.280 avaient été approuvés, soit 62%. Mais à l'époque, les réformateurs n'avaient pas participé activement au scrutin.

sgh/