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17/01/2016 23:52 EST | Actualisé 17/01/2017 00:12 EST

Législatives en Iran: nombreux candidats, notamment réformateurs, rejetés (médias)

Environ 60% des candidats inscrits pour les législatives iraniennes du 26 février, dont de nombreuses personnalités du camp réformateur ou critiques du pouvoir, ont été rejetés, ont rapporté lundi les médias.

"Sur un peu plus de 12.000 candidats inscrits, 4.700 ont été approuvés soit environ 40%", a déclaré Siamak Rah-Peyk, porte-parole de la commission centrale de la surveillance, qui dépend du Conseil des Gardiens de la constitution.

Ce Conseil chargé de superviser les élections est contrôlé par les conservateurs.

Les partis réformateurs ont protesté contre le rejet de nombreux candidats de leur camp.

"Sur 3.000 candidats réformateurs sur l'ensemble du pays, seuls 30 ont été approuvés, soit 1% seulement", a déclaré Hossein Marachi, un responsable réformateur cité par le quotidien Shargh. "A Téhéran, seuls quatre candidats réformateurs ont été approuvés. Nous devons présenter une liste de 30 candidats mais comment pouvons-nous le faire avec seulement quatre noms?", a-t-il demandé. Les Téhéranais doivent élire 30 députés sur un total de 290 que compte le parlement.

Parmi les noms des candidats rejetés, évoqués dans les médias, il y a notamment celui d'Ali Motahari, un député sortant conservateur connu pour ses positions critiques envers le pouvoir, ainsi que de nombreux réformateurs.

Certains journaux réformateurs n'hésitent pas à parler du "choc des rejets de candidatures".

Le président Hassan Rohani a déclaré dimanche qu'il "utilisera ses pouvoirs en tant que président" pour tenter de faire changer la position du Conseil des Gardiens de la constitution.

Les législatives du 26 février sont importantes pour le président Rohani qui espère obtenir une majorité plus conciliante - l'actuel parlement étant dominé par les conservateurs -, pour accélérer ses réformes politiques et sociales.

Les candidats rejetés peuvent faire appel et le Conseil publiera la liste définitive le 4 février. Certains n'ont pas été retenus parce qu'ils avaient été condamnés pénalement ou parce qu'ils avaient rendu un dossier incomplet, a expliqué M. Rah-Peyk.

En 2012, sur près de 5.300 candidats inscrits, 3.280 avaient été approuvés, soit 62%. Mais à l'époque, les réformateurs n'avaient participé activement au scrutin.

sgh/jri