POLITIQUE
18/01/2016 08:51 EST | Actualisé 19/01/2016 07:42 EST

Le gouvernement Trudeau sur la défensive après les attentats au Burkina Faso (VIDÉO)

Les récents attentats à Jakarta et à Ouagadougou, qui ont fait sept victimes québécoises, ont rattrapé le gouvernement de Justin Trudeau, qui a dû se défendre lundi d'avoir manqué d'empathie et d'entretenir un flou quant à ses plans pour combattre le terrorisme.

Un très bref communiqué a été envoyé vendredi pour annoncer la mort des six Québécois au Burkina Faso et le ministère des Affaires étrangères a mis 48 heures avant de contacter la famille, ce qui a suscité des critiques. Rappelons que l'attentat à Ouagadougou est celui qui a fait le plus grand nombre de pertes de vie canadiennes depuis les attentats du 11 septembre 2001.

Le ministre des Affaires étrangères, Stéphane Dion, a tenté de se rattraper en confirmant que Justin Trudeau avait pu parler lundi aux familles des victimes et leur offrir ses condoléances. « Nous allons offrir tous les services consulaires possibles dans les circonstances aux familles », a-t-il ajouté.

« Le gouvernement du Canada va rapatrier les corps et on va en défrayer le coût. Je pense que les Canadiens n'en attendent pas moins de nous. »

— Stéphane Dion, ministre des Affaires étrangères

Une volonté d'agir, mais peu de détails

Réuni avec son conseil des ministres jusqu'à mardi au Nouveau-Brunswick, le premier ministre du Canada a réitéré, plus tôt dans la journée, sa volonté de vouloir en faire davantage pour combattre le terrorisme, tout en restant vague sur son plan d'action.

« Nous cherchons différentes façons d'être engagés de façon efficace contre les terroristes et nous allons continuer de rassurer nos alliés et les Canadiens. »

— Justin Trudeau, premier ministre du Canada

« Nous condamnons évidemment de la façon la plus sévère possible ces attentats et nous savons que la lutte contre le terrorisme à l'échelle mondiale est essentielle et doit se faire de façon intelligente et raisonnable et enthousiaste », a-t-il également ajouté.

Justin Trudeau dit toujours vouloir cesser les frappes aériennes canadiennes contre le groupe armé État islamique, mais n'a donné aucun échéancier.

La mère de Maude Carrier, l'une des victimes de l'attentat au Burkina Faso, trouve les réponses du premier ministre insatisfaisantes et accuse le gouvernement de ne jamais passer aux actes.

« Je suis révoltée de voir notre premier ministre, comme d'habitude, avec des formules creuses, des lieux communs, des choses qu'on utilise pour être poli, convenant, de l'entendre condamner ce qui s'est passé, et de savoir qu'il ne participe pas aux combats. Même avant ça, j'avais honte qu'il ne participe pas aux combats », dit Camille Carrier.

L'opposition conservatrice a quant à elle demandé au gouvernement libéral de mettre un terme au flou entourant le rôle que le Canada entend jouer dans la lutte contre le groupe armé État islamique. La chef par intérim du Parti conservateur, Rona Ambrose croit que le gouvernement fédéral doit maintenir les CF-18 au sein de la coalition contre le groupe djihadiste.

Le ministre de la Défense, Harjit Sajjan, maintient toutefois son intention de mettre fin aux frappes aériennes. Selon lui, ces nouvelles cibles des terroristes sont la preuve qu'il faut ratisser plus large, au-delà des frontières de l'Irak et de la Syrie.

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