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18/01/2016 08:18 EST | Actualisé 18/01/2017 00:12 EST

La sécurité est resserrée au Burkina Faso alors que la vie reprend son cours

OUAGADOUGOU, Burkina Faso — Dans la foulée de l'attaque contre un hôtel du Burkina Faso qui a coûté la vie à 32 personnes — dont six Québécois —, la sécurité dans la capitale a été resserrée, lundi, alors que la vie reprenait un semblant de normalité.

Le pays de l'Afrique de l'Ouest a également annoncé le lancement d'un nouvel effort avec son voisin, le Mali, pour s'attaquer aux djihadistes dans la région.

À l'entrée des banques de Ouagadougou, des détecteurs de métal ont été placés et les agents scrutaient les sacs des clients.

Ousmane Sawadogo, un vendeur de téléphones cellulaires dont le commerce est situé à quelque 200 mètres de l'hôtel Splendid où a eu lieu l'attaque, a indiqué qu'il savait que «ce serait différent à partir de maintenant».

Sur les lieux de l'attentat, des experts de médecine légale et des enquêteurs français et burkinabés, vêtus en blanc, étaient partout dans la rue poussiéreuse près de l'hôtel Splendid et du café Cappuccino.

L'attaque, qui a commencé vendredi soir, est la première du genre au Burkina Faso, un pays à majorité musulmane qui avait réussi jusqu'ici à éviter les attentats djihadistes qui secouent le Mali voisin depuis 2012.

Les forces de sécurité ont mis fin au siège samedi après avoir abattu trois assaillants sur les lieux et un quatrième dans un hôtel à proximité. Mais un gendarme du Burkina Faso, qui a requis l'anonymat, a déclaré que les autorités enquêtaient pour savoir si le quatrième était bel et bien un djihadiste.

Le ministre burkinabé de la Sécurité intérieure, Simon Compaoré, a annoncé dimanche que le bilan des morts s'était alourdi à 32, dont trois djihadistes. Plus tôt, le bilan était de 28 morts, dont quatre assaillants.

Deux anciens représentants des Jeux olympiques, Jean-Noël Rey, un Suisse, et Jean-Pascal Kinda, un Burkinabé, ont été tués. On ne sait pas s'ils étaient ensemble lors de l'attaque.

M. Kinda, âgé de 73 ans, est un ancien président du Comité olympique du Burkina Faso. Il était allé au café Cappuccino pour récupérer un document, selon son ami et un élu local, Mathias Tankoano.

M. Rey était pour sa part coprésident du comité de candidature de la Suisse pour les Olympiques de 2006, selon les médias suisses. Il était apparemment au Burkina Faso pour un projet de bienfaisance visant à ouvrir une cantine scolaire.

Parmi les victimes figurent une Ukrainienne — qui était copropriétaire du café — et son fils de neuf ans, ainsi que les six Québécois, qui effectuaient un voyage de coopération internationale.

On retrouve également sept Burkinabés, deux Ukrainiens, deux Suisses, deux Français, un Américain, un Néerlandais, un Portugais, un Libyen et un Franco-Ukrainien, selon un représentant burkinabé qui a énuméré une liste partielle. D'autres corps sont actuellement en cours d'identification.

Au moins 176 otages ont été libérés par des soldats burkinabés et français de vendredi à samedi.

Le groupe Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), qui a revendiqué l'attaque, a publié dimanche un communiqué formel nommant les trois assaillants, selon le site de surveillance des sites djihadistes SITE.

Les extrémistes ont écrit que l'événement était «une goutte dans l'océan du djihad mondial».

AQMI avait annoncé vendredi que des combattants du groupe Al-Mourabitoune avaient perpétré l'attaque. Al-Mourabitoune s'est joint à AQMI l'année dernière et ils avaient organisé leur première attaque commune en novembre, au Mali, à l'hôtel Radisson Blu, tuant 20 personnes.

Les premiers ministres du Burkina Faso et du Mali se sont rencontrés dimanche et se sont entendus pour partager leurs renseignements et joindre leurs patrouilles près des frontières.

«Il est évident que, face à cette situation, les deux pays accroîtront leur coopération transnationale avec les autres pays, partageront leurs renseignements, auront des patrouilles mixtes aux frontières et utiliseront les moyens adéquats», a déclaré le premier ministre burkinabé, Paul Kaba Thieba.