NOUVELLES
18/01/2016 03:48 EST | Actualisé 18/01/2017 00:12 EST

La France est "un pays ami", selon un élu indépendantiste corse

Un indépendantiste nouvellement élu sur l'île française de Corse, Jean-Guy Talamoni, a affirmé lundi considérer la France comme "un pays ami" et vouloir des "relations apaisées entre la Corse et Paris", une déclaration qui risque néanmoins de crisper à nouveau l'exécutif.

"La France est un pays ami et nous ne tenons aucun propos provocateur vis-à-vis de qui que ce soit", a assuré M. Talamoni, porté en décembre à la tête de l'exécutif régional corse avec un autre nationaliste, Gilles Simeoni, un succès historique.

"Les Corses n'ont pas accepté que notre élection soit remise en cause par des déclarations hystériques à Paris", a-t-il déclaré sur la radio France Info, avant d'être reçu lundi pour la première fois avec Gilles Simeoni par le Premier ministre Manuel Valls.

Dès son arrivée au pouvoir, le tandem nationaliste a brandi des revendications sur la co-officialité de la langue corse, l'amnistie de "prisonniers politiques corses", un statut non reconnu par Paris. Ces demandes faites au nom de "la nation corse" ont hérissé le pouvoir central et l'ensemble de la classe politique, Manuel Valls affirmant notamment qu'"il n'y a qu'une seule nation, la nation française".

"Aujourd'hui la question est d'imposer des relations apaisées entre la Corse et Paris", a dit M. Talamoni. "Notre démarche n'est pas du tout antifrançaise. C'est une démarche pour être nous-mêmes, ce que nous n'avons jamais cessé d'être, c'est-à-dire une nation", a-t-il ajouté.

Selon lui, "la France donne des leçons de droits de l'homme au monde entier et c'est vrai qu'elle a oeuvré pour les droits de l'homme à une certaine époque. Mais aujourd'hui, quel est ce comportement vis-à-vis d'un peuple, un petit peuple, comme le peuple corse, qui est placé sous sa tutelle depuis le 18e siècle ?"

"L'opinion publique a trop souvent une vision caricaturale de la Corse", a de son côté déploré sur la radio RMC M. Simeoni. "Au-delà de la victoire des nationalistes, les Corses ont exprimé une immense aspiration à la démocratie", a-t-il assuré.

M. Simeoni a ajouté "attendre du gouvernement qu'il considère qu'il n'y a pas de sujet tabou" dans les discussions.

pl/cr/gf/blb/ros