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18/01/2016 04:53 EST | Actualisé 18/01/2017 00:12 EST

L'Iran augmente sa production de pétrole avec la fin des sanctions

L'Iran a décidé lundi d'augmenter de 500.000 barils/jour sa production pétrolière, affichant ainsi sa détermination à profiter sans délai de l'entrée en vigueur de l'accord nucléaire et de la fin des sanctions occidentales.

Cette annonce, prévue depuis des mois, risque de destabiliser davantage le marché pétrolier, dont les cours sont au plus bas depuis douze ans en raison de la surabondance.

"L'Iran a la capacité d'augmenter sa production de 500.000 barils avec la fin des sanctions, et l'ordre a été donné aujourd'hui d'augmenter cette production", a déclaré Rokneddine Javadi, le chef de l'Organisation nationale iranienne du pétrole (NIOC).

Membre de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), l'Iran produit actuellement 2,8 millions de barils par jour et en exporte un peu plus d'un million de barils.

Les exportations iraniennes avaient décliné avec l'imposition d'un régime sévère de sanctions par les Américains et les Européens, qui a été levé samedi avec l'entrée en vigueur de l'accord nucléaire signé en juillet.

"Le principal problème du marché est une surproduction de deux millions de barils par jour qui pousse à la baisse les prix", a reconnu M. Javadi. Mais "si l'Iran n'augmente pas sa production, les pays voisins pourraient augmenter la leur d'ici six mois à un an et prendre les parts de marché de l'Iran", a-t-il ajouté pour justifier la décision prise lundi.

A la recherche de nouveaux débouchés pour son or noir, l'Iran envisage par ailleurs d'investir dans une raffinerie dans le sud de l'Espagne, a annoncé lundi le chef de la diplomatie espagnole.

- 'Comportement déstabilisateur' -

Sur le plan diplomatique, Téhéran a dénoncé les nouvelles sanctions adoptées les Etats-Unis pour protester contre le programme de missiles balistiques de l'Iran.

Ces sanctions sont d'ampleur très limitée car elles concernent cinq ressortissants iraniens et un réseau d'entreprises basées aux Emirats arabes unis et en Chine, qui ont été ajoutée sur la liste noire financière américaine, selon le Trésor à Washington.

Téhéran les a qualifiées d'"illégitimes" car "le programme balistique de l'Iran n'est pas conçu pour avoir la capacité de transporter des têtes nucléaires", a expliqué Hossein Jaber Ansari, porte-parole de la diplomatie iranienne.

Téhéran "répondra à ces actes de propagande en accélérant son programme balistique légal et en augmentant ses capacités de défense", a-t-il prévenu.

Ce programme a été mis en avant par Barack Obama pour affirmer dimanche que de "profondes différences" persistaient entre Washington et Téhéran, en dépit de l'accord nucléaire ayant mis fin à 12 ans de crise internationale. Le président américain a également dénoncé "le comportement déstabilisateur de l'Iran".

Ces critiques n'empêchent pas un rapprochement entre les deux puissances, qui s'est concrétisé par un échange de prisonniers impliquant onze ex-prisonniers, dont le reporter du Washington Post Jason Rezaian détenu plus de 500 jours en Iran.

Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a pour sa part estimé que le feu vert à l'accord nucléaire était "une bonne chose". Mais "nous allons être très vigilants" dans son application, a-t-il ajouté.

- 'Nouveau climat' -

Arrivé dans la nuit à Téhéran, le chef de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), Yukiya Amano, devait être reçu par le président Hassan Rohani dans l'après midi.

Les discussions portent sur la "coopération future" entre l'Iran et l'AIEA "dans le nouveau climat et une feuille de route a été presque définie", a indiqué le chef de l'Organisation iranienne de l'énergie atomique (OIEA), Ali Akbar Salehi, après une rencontre avec M. Amano.

L'un des objectifs de Téhéran est de réduire la durée de la première étape de l'accord nucléaire, qui prévoit une limitation du programme nucléaire pendant une période de huit ans.

La seconde étape doit donc s'ouvrir vers 2023, mais l'accord prévoit que si l'AIEA certifie plus tôt, par exemple dans cinq ou six ans, le caractère toujours pacifique des activités nucléaires iraniennes, la période de huit ans pourra être écourtée d'autant.

Cela est important pour l'Iran, désireux de démarrer certaines de ses activités plus tôt. De plus, d'autres sanctions américaines et européennes notamment sur les biens à double usage, les softwares, le transport des biens et technologies couverts par la liste militaire européenne, les armes, ou encore visant des individus, pourront être levées plus rapidement.

Conformément à l'accord nucléaire, l'Iran va appliquer désormais volontairement le protocole additionnel au Traité de non prolifération (TNP) qui permet à l'AIEA d'avoir un contrôle plus approfondi du programme nucléaire iranien.

sgh/jri