NOUVELLES
18/01/2016 10:06 EST | Actualisé 18/01/2017 00:12 EST

Italie: Renzi veut renvoyer les fonctionnaires absentéistes en 48 heures

Le gouvernement italien veut renforcer la législation contre l'absentéisme dans la fonction publique avec une mesure permettant de renvoyer les fautifs en 48 heures, après une série de scandales.

Depuis quelques mois, la télévision italienne diffuse régulièrement des images de caméras de surveillance surprenant des fonctionnaires à travers le pays faisant leurs courses ou du canoé juste après avoir pointé, ou pointant au nom de toute une série d'absents.

Le conseil des ministres doit adopter mercredi un décret visant à la fois les resquilleurs et leurs supérieurs, afin de lutter contre ces "actes intolérables", selon les termes du chef du gouvernement, Matteo Renzi.

"Si je vous vois pointer pour quelqu'un d'autre, si vous pointez et que vous partez faire autre chose, s'il y a des preuves incontestables (...), ces gens doivent être renvoyés chez eux sans salaire dans les 48 heures", a déclaré lundi à la télévision la ministre de la Fonction publique, Marianna Madia.

Il s'agit aussi de "protéger la majorité des fonctionnaires qui font leur travail avec sérieux et compétence tous les jours", a-t-elle assuré.

Si la loi punit déjà les fonctionnaires absentéistes, des statistiques du gouvernement montrent qu'en 2013, 219 ont été renvoyés sur 7.000 enquêtes sur des fonctionnaires peu scrupuleux.

Le problème est revenu à la une en octobre, avec l'annonce de l'arrestation de 35 fonctionnaires locaux de San Remo, sur la côte près de la frontière française, à l'issue d'une enquête ayant révélé que 72% des employés municipaux désertaient régulièrement leur poste.

Alberti Muraglia, 53 ans, un agent résident dans l'immeuble où il travaille, a été filmé alors qu'il pointait en sous-vêtements avant de retourner se coucher. Certains matin, c'est sa femme qui venait, en robe de chambre, glisser sa carte dans la machine.

Les syndicats italiens ont cependant vivement réagi à la proposition de M. Renzi. Il "parle de virer les gens en 48 heures, alors que les fonctionnaires (...) attendent depuis six ans maintenant un dégel de leurs salaires", a dénoncé Rossana Dettori, chef de la branche fonction publique de la CGIL.

ide/fcc/ib