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18/01/2016 05:03 EST | Actualisé 18/01/2017 00:12 EST

France: l'ex-trader Kerviel tente de faire réviser son procès

L'ex-trader français Jérôme Kerviel, condamné pour ses prises de risque colossales à la banque Société générale, s'est présenté lundi devant la justice pour tenter de faire réviser son procès.

L'audience se déroule au lendemain de révélations sur le degré supposé de responsabilité de son ex-employeur, la Société Générale, dans la perte de 4,9 milliards d'euros publiée en janvier 2008.

"Le moment est venu pour ceux qui ont truqué ce dossier de rendre des comptes", a dit son avocat David Koubbi, à l'arrivée de Jérôme Kerviel au Palais de justice de Paris.

Dimanche, les journaux Mediapart et 20 Minutes ont rapporté des propos d'une ancienne magistrate, qui vont dans le sens de M. Kerviel, à savoir que l'enquête aurait été conduite de manière à dissimuler la responsabilité de la Société Générale

"La Société Générale savait, savait, c'est évident, évident", déclare, selon les deux médias, Chantal de Leiris, qui n'a pu être jointe par l'AFP, dans une conversation enregistrée à son insu.

Son interlocutrice est Nathalie Le Roy, la policière de la Brigade financière qui avait été en charge de l'enquête et qui a elle-même exprimé ses doutes sur le dossier.

Le témoignage de Mme Le Roy a poussé l'ex-trader et sa défense à tenter d'obtenir une révision du procès.

Lundi, ils vont plaider leur cause auprès de la commission d'instruction de la Cour de révision et de réexamen qui peut rejeter leur demande, demander un supplément d'informations ou transmettre le dossier à la Cour de révision, seule habilitée à demander un nouveau procès.

Jérôme Kerviel a été condamné à cinq ans de prison dont trois ferme pour abus de confiance. Mais l'ancien trader a toujours refusé de porter le chapeau seul, accusant son employeur d'avoir connu ses agissements et de les avoir couverts.

Il avait obtenu une première victoire quand la Cour de cassation - la plus haute juridiction française - avait rejeté la somme de 4,9 milliards d'euros de dommages-intérêts réclamée par la banque, lui reprochant d'avoir failli dans ses mécanismes de contrôle.

Cet aspect civil doit être rejugé en appel à Versailles (à l'ouest de Paris) à partir de mercredi.

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