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18/01/2016 07:25 EST | Actualisé 18/01/2017 00:12 EST

France: l'ex-trader Kerviel demande une révision de son procès

L'ex-trader français Jérôme Kerviel, condamné pour ses prises de risque colossales à la banque Société générale, a demandé lundi devant la justice une révision de son procès qui prenne en compte les responsabilités de son ancien employeur.

"Le moment est venu pour ceux qui ont truqué ce dossier de rendre des comptes", a dit son avocat David Koubbi, à l'arrivée de Jérôme Kerviel au Palais de justice de Paris en début d'après-midi.

L'audience devant la commission d'instruction de la Cour de révision est la première étape avant un éventuel nouveau procès dans cette affaire retentissante.

Devenu un symbole des errements du système financier, Jerôme Kerviel, 39 ans aujourd'hui, a été jugé responsable de la perte de 4,9 milliards d'euros annoncée il y a huit ans par la Société générale.

Condamné à cinq ans de prison dont trois ferme pour abus de confiance, il avait finalement été remis en liberté conditionnelle en septembre 2014 après moins de cinq mois de détention.

L'ancien trader a toujours refusé de porter le chapeau seul, accusant son employeur d'avoir connu ses agissements et de les avoir couverts. Il a rallié à sa cause des soutiens variés, notamment dans l'extrême gauche française.

Jerôme Kerviel a demandé une révision de son procès en s'appuyant sur le témoignage de la policière qui était en charge de l'enquête, Nathalie Le Roy, qui estime avoir été manipulée par la banque.

Lundi, le ministère public a demandé à la commission d'instruction de la Cour de révision de prononcer un "sursis à statuer" pour laisser à la justice le temps d'examiner ce témoignage-clé.

La commission rendra sa décision le 21 mars, selon un de ses magistrats. Elle pourra rejeter la demande de Jérôme Kerviel, prononcer ce sursis ou transmettre le dossier à la Cour de révision, seule habilitée à demander un nouveau procès.

Dimanche, la thèse de Jérôme Kerviel a été alimentée par des articles sur le site d'informations Mediapart et dans le journal 20 minutes, qui ont rapporté les propos d'une ancienne magistrate.

"La Société Générale savait, savait, c'est évident, évident", déclare, selon les deux médias, Chantal de Leiris, qui n'a pu être jointe par l'AFP, dans une conversation enregistrée à son insu par Nathalie Le Roy.

Jerôme Kerviel avait obtenu une première victoire quand la Cour de cassation - la plus haute juridiction française - avait rejeté la somme de 4,9 milliards d'euros de dommages-intérêts réclamée par la banque, lui reprochant d'avoir failli dans ses mécanismes de contrôle.

Cet aspect civil doit être rejugé en appel à Versailles (à l'ouest de Paris) à partir de mercredi.

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