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18/01/2016 01:18 EST | Actualisé 18/01/2017 00:12 EST

France: Hollande abat ses dernières cartes pour l'emploi à l'aube de la présidentielle 2017

Le président socialiste français François Hollande dévoile lundi un nouveau plan d'"urgence" pour inverser la courbe du chômage, axé sur la formation, l'apprentissage et l'aide à l'embauche, condition qu'il s'est imposée pour prétendre à un nouveau mandat en 2017.

Dans un pays de plus en plus désabusé après moult promesses, le temps presse pour François Hollande, qui avait promis que cette courbe s'inverserait avant fin 2013 : 650.000 chômeurs supplémentaires se sont inscrits à l'agence nationale Pôle emploi depuis son élection en 2012.

Et malgré une petite baisse, 3,57 millions de demandeurs d'emploi n'avaient aucune activité en novembre, selon les derniers chiffres officiels.

Lundi, les médias se montraient très soupçonneux sur la nouvelle initiative de l'exécutif, en soulignant que le président pourrait "jouer avec les chiffres" pour parvenir à ses fins. Le quotidien conservateur Le Figaro résumait en Une l'objectif premier du chef de l'Etat: "Le plan de Hollande pour être candidat".

Le président a déjà révélé les principaux volets de son plan en fin d'année dernière: 500.000 formations supplémentaires pour les chômeurs, une aide à l'embauche pour les très petites et moyennes entreprises et des mesures en faveur de l'apprentissage.

Selon son entourage, il précisera lundi le financement de ce plan, encore très flou.

Le ministre des Finances, Michel Sapin, a laissé entendre qu'il coûterait environ deux milliards d'euros à l'Etat. "Ce sont deux milliards de dépenses qui seront compensées intégralement par des économies ailleurs", a-t-il assuré.

Sur le volet formation, le gouvernement peut compter sur les partenaires sociaux qui viennent de se mettre d'accord pour faire en 2016 un effort supplémentaire de 80 millions d'euros par rapport à 2015. La question de la participation des Régions au financement reste posée.

Selon la ministre du Travail, Myriam El Khomri, les formations cibleraient les chômeurs les moins qualifiés et seraient axées sur les secteurs d'avenir (numérique, environnement...) et les emplois non pourvus. Des questions se posent toutefois sur les capacités d'accueil des organismes de formation.

- Pluie de critiques -

Le gouvernement prévoit également de lancer une aide exceptionnelle à l'embauche pour les très petites et moyennes entreprises. Si le montant, le calendrier et les modalités doivent être précisés lundi, plusieurs médias évoquent une prime de 1.000 à 2.000 euros pour toute embauche d'un salarié rémunéré jusqu'à 1,3 fois le salaire minimum mensuel, fixé à environ 1.140 euros.

Elle s'ajouterait aux nombreuses primes déjà existantes pour les très petites entreprises, notamment la prime à la première embauche et celle pour l'accueil d'un apprenti mineur, toutes deux annoncées au printemps 2015.

Le plan gouvernemental devrait aussi inclure de nouvelles mesures de relance de l'apprentissage, qui seront également précisées lundi.

Avant même l'annonce détaillée de ce plan d'"urgence", les critiques pleuvent sur le gouvernement.

Ce plan d'"urgence" est une "insulte" aux chômeurs, a ainsi jugé un député de l'opposition, Guillaume Larrivé, membre du parti de droite Les Républicains.

"Dans quelle planète vit François Hollande et vivent les membres de son gouvernement pour imaginer qu'il suffirait de verser un petit chèque de 1.000 ou 2.000 euros à une entreprise pour qu'elle se mette à embaucher? Et pourtant c'est ça qu'il va proposer, ça n'est pas responsable", a-t-il ajouté.

"Les chefs d'entreprise ne sont pas des chasseurs de prime", a dénoncé le président de droite de la région Nord, Xavier Bertrand.

Le Premier ministre Manuel Valls a tenté de convaincre des choix de l'exécutif. "Notre politique est la bonne", a-t-il assuré. "Avec une croissance davantage soutenue, avec des entreprises qui n'ont pas peur d'embaucher (...), en faisant en sorte que le marché du travail soit plus souple, je pense que nous aurons des résultats", a-t-il estimé.

Dans un pays en proie aux difficultés économiques depuis des années malgré les promesses de relance, un récent sondage soulignait le manque criant de confiance des Français : 77% des personnes interrogées pensent que le nouveau plan d'urgence de l'exécutif ne fera pas baisser le chômage.

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