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18/01/2016 08:15 EST | Actualisé 18/01/2017 00:12 EST

Fébrilité en Italie autour du système bancaire

Plusieurs valeurs bancaires se sont effondrées lundi à la Bourse de Milan, provoquant leur suspension temporaire, en raison des inquiétudes des investisseurs pour ce secteur dont une partie est considérée comme à risque.

La banque Monte dei Paschi di Siena (BMPS), qui affirme être la plus vieille banque du monde, a clôturé en dévissant de 14,76% à 0,7655 euros. Le titre a été suspendu à plusieurs reprises.

Banca popolare dell'Emilia Romagna (BPER) a chuté de 8,73%, Carige de 7,29%, UBI Banca de 7,28%, Banco Popolare de 6,73% et BPM (Banca popolare di Milano) de 5,55%. Les deux plus grandes banques italiennes, Unicredit et Intesa Sanpaolo, ont elles cédé respectivement 5,37% et 5%.

A l'origine de cet effondrement: en premier lieu, les craintes des investisseurs liées aux créances douteuses des banques italiennes, selon des opérateurs sur la place milanaise.

"La situation des banques italiennes est délicate, parce que les créances douteuses se situent à un niveau très élevé, dépassant les 200 milliards d'euros", explique à l'AFP Lorenzo Codogno, chef économiste chez LC Macro Advisors Limited et ancien directeur général au ministère des Finances italien.

"Ceci limite la capacité du secteur bancaire italien à fournir du crédit à l'économie", souligne-t-il, indiquant que "des organisations internationales, comme le FMI, ont appelé avec force l'Italie à faire quelque chose à ce sujet, en créant par exemple une +bad bank+", une structure de défaisance chargée d'isoler des actifs et des dettes, afin d'assainir les bilans des banques.

Mais les discussions avec la Commission européenne à ce sujet peinent à avancer.

Autre raison de la réaction des marchés: la consolidation du secteur qui tarde à survenir, alors que l'Italie compte plus de 700 banques différentes, avec une pléthore de petits établissements.

"La communauté financière attend depuis des mois, mais cela ne se produit pas, ce qui cause une certaine volatilité", souligne Stefano Caselli, spécialiste des banques à l'université Bocconi de Milan.

M. Caselli --qui estime que la Bourse "exagère" car "le système bancaire italien est en fait solide"-- s'attend à voir une consolidation se dessiner "entre avril et le début de l'été". M. Codogno considère également que "2016 sera l'année des grandes fusions et des acquisitions".

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