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18/01/2016 05:28 EST | Actualisé 18/01/2017 00:12 EST

Étude clinique en France: un patient reçoit son congé

PARIS — La santé des cinq patients hospitalisés après une étude clinique qui a mal tourné en France continue de s'améliorer et l'un d'entre eux a même obtenu son congé, a déclaré lundi un médecin.

Le docteur Gilles Brassier a fait savoir, au lendemain du décès d'un sixième sujet à Rennes, que trois patients sont maintenant soignés en neurologie près de chez eux. Les autres sont toujours à Rennes.

Le docteur Brassier est le directeur de la commission médicale du Centre hospitalier universitaire de Rennes (CHU-Rennes). Il a révélé qu'aucune anomalie n'a été décelée chez les 18 autres sujets examinés à ce jour.

Six hommes âgés entre 28 et 49 ans ont été hospitalisés la semaine dernière après avoir participé à un essai pharmaceutique. Une enquête se poursuit pour comprendre ce qui s'est passé lors de cet incident «d'une gravité exceptionnelle», tel que l'a présenté la ministre de la Santé, Marisol Touraine.

L'essai clinique d'une molécule antalgique, mené par le centre de recherche privé Biotrial, impliquait 90 participants qui ont reçu des doses différentes du médicament expérimental, de façon répétée. D'autres ont reçu un placebo.

Le 7 janvier, un patient a été hospitalisé, suivi de cinq autres qui présentaient d'importants troubles neurologiques.

Le CHU-Rennes dit avoir contacté les 84 autres participants exposés à la molécule.

Le médicament, qui contient une substance naturelle produite par le cerveau se rapprochant de la substance active de la marijuana, a été donné par voie orale à des hommes en santé. L'essai était effectué pour le compte de la compagnie pharmaceutique portugaise Bial.

En plus de soulager la douleur, la molécule visait aussi à calmer les troubles de l'humeur et de l'anxiété ainsi que les problèmes moteurs liés à des maladies neurodégénératives, en agissant sur le système endocannabinoïde. Dans ce système, des substances chimiques naturelles agissent sur des récepteurs spécifiques, les récepteurs cannabinoïdes.

Il est rare que les participants volontaires tombent gravement malades durant la première phase des essais cliniques, qui servent à étudier et mesurer divers effets secondaires des médicaments sur les sujets.