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18/01/2016 01:53 EST | Actualisé 18/01/2017 00:12 EST

Au Laos communiste, le parti unique en congrès pour désigner ses dirigeants

Le Parti communiste du Laos, au pouvoir depuis 1975, s'est réuni lundi en congrès quinquennal pour désigner ses nouveaux dirigeants, dans un contexte d'ouverture timide à l'international.

Plus de 600 délégués sont réunis pour cinq jours dans la capitale Vientiane pour désigner les membres du Politburo et du Comité central de ce petit pays d'Asie du sud-est aux confins de la Thaïlande et de la Chine.

Aucune certitude en revanche n'existe quant à l'annonce d'un possible successeur à Choummaly Sayasone, secrétaire général du parti depuis le 8e congrès en 2006 et président du pays.

Celui-ci était présent à l'ouverture du congrès, retransmise à la télévision, ainsi que le Premier ministre Thongsing Thammavong, souvent décrit comme son rival.

Mais les pronostics se multiplient aujourd'hui quant à la retraite du président Choummaly, âgé de 79 ans. Le nom du vice-président Bounnhang Vorachith comme son possible successeur revient dans les commentaires des experts.

Un responsable occidental, sous couvert de l'anonymat, assure que la vieille garde perd une partie de son influence au comité central, même si les anciens continuent de dominer le politburo.

"Il y a une transition en cours entre les derniers vétérans de la révolution et une plus jeune génération de cadres" ayant étudié à Moscou ou Hanoï et étant plus "ouverts sur l'étranger", affirme ce diplomate.

Ce congrès intervient en une année cruciale pour le Laos, placée sous le signe de l'ouverture bon gré mal gré. Le Laos a en effet hérité de la présidence de l'Asean, organisation des pays d'Asie du sud-est.

Et le Laos accueillera également le président Barack Obama, pour la première visite d'un président américain dans ce pays lourdement bombardé lors de la guerre du Vietnam.

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry est attendu à Vientiane dès la fin du mois, quelques jours après la fin du 10e congrès du Parti populaire révolutionnaire lao (PPRL).

Le Premier ministre Thongsing Thammavong a salué lors du congrès une croisssance annuelle de plus de 7% depuis dix ans, dans ce pays qui reste l'un des plus pauvres au monde.

A l'avenir, "les écarts entre les villes et les campagnes s'estomperont... Les droits des citoyens seront protégés, l'environnement sera préservé", a assuré le Premier ministre.

Déforestation, corruption généralisée et dissidences étouffées sont d'actualité, même si le Laos a entamé une timide ouverture dans les années 1990.

Le pays, notamment ses élites dirigeantes, reste largement renfermé sur lui-même. Et les médias occidentaux n'étaient pas les bienvenus au congrès quinquennal "en raison d'un temps de préparation trop court", s'est vu répondre l'AFP à une demande d'accréditation.

Si les médias vietnamiens ou chinois ont pignon sur rue, les médias occidentaux sont soumis à des restrictions de couverture très stricte.

jta-dth/tib/pt