NOUVELLES
18/01/2016 09:01 EST | Actualisé 18/01/2017 00:12 EST

Argentine : hommage au procureur Nisman, un an après sa mort mystérieuse

Un hommage était organisé lundi à la mémoire d'Alberto Nisman, le procureur chargé de l'enquête sur l'attentat contre la mutuelle juive de l'Amia à Buenos Aires, le plus meurtrier de l'histoire argentine, un an après sa mort dans des circonstances mystérieuses.

Des bougies devaient être allumées à Buenos Aires en hommage au procureur Nisman à l'appel de la communauté juive argentine, la plus importante d'Amérique latine, avec 300.000 membres.

La veille, le nouveau président argentin Mauricio Macri avait reçu ses deux filles à qui il a promis de "rendre justice, en honneur de la mémoire de leur père".

Le 18 juillet 1994, une explosion pulvérisait le bâtiment abritant les principales institutions juives d'Argentine, faisant 85 morts et 300 blessés. Près de 22 ans plus tard, aucun coupable n'a encore été identifié pour cet attentat.

L'histoire s'était encore compliquée avec le décès, le 18 janvier dernier, du procureur Nisman qui s'était apparemment suicidé avec une arme à feu. Des doutes subsistent cependant sur les circonstances de son décès, survenu quatre jours après qu'il eut remis à la justice un dossier d'accusation contre l'ex-présidente Cristina Kirchner.

La justice n'a finalement pas engagé de poursuites contre l'ancienne présidente, faute de preuves, mais de nombreuses manifestations ont suivi l'annonce du décès de M. Nisman, beaucoup critiquant une mort suspecte et réclamant la vérité.

Les experts engagés par la famille du procureur ont conclu qu'il avait été tué, ce que n'ont pas confirmé ceux de la justice.

Son décès avait choqué l'Argentine et semé le doute dans la population car l'information est tombée quelques heures avant une intervention très attendue du procureur devant le Congrès.

Le procureur Nisman estimait que la présidente argentine avait entravé l'action de la justice en concluant avec l'Iran un mémorandum prévoyant l'audition à Téhéran de dirigeants iraniens suspects, alors qu'il en demandait l'extradition depuis des années. Il souhaitait que des poursuites contre Cristina Kirchner soient engagées.

Le gouvernement de Mme Kirchner s'était défendu en assurant que l'initiative du mémorandum, très critiqué aussi par la communauté juive, avait été prise faute de pouvoir obtenir l'extradition vers l'Argentine des commanditaires présumés de l'attentat.

L'enquête se poursuit pour établir si le procureur Nisman s'est suicidé ou a été victime d'un meurtre.

bur/tup/cel