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18/01/2016 04:56 EST | Actualisé 18/01/2016 10:59 EST

5e Prix collégial du cinéma québécois : les finalistes sont connus

Capture d'écran

Chorus, de François Delisle, Corbo, de Mathieu Denis, Félix et Meira, de Maxime Giroux, Guibord s’en va-t-en guerre, de Philippe Falardeau et Le profil Amina, de Sophie Deraspe, sont les cinq films finalistes au Prix collégial du cinéma québécois (PCCQ), qui célèbre en 2016 ses cinq ans d’existence, et qui sera remis en mars.

Dans le passé, En terrains connus (2012) et Tu dors Nicole (2015), de Stéphane Lafleur, Laurence Anyways, de Xavier Dolan (2013), et Vic + Flo ont vu un ours, de Denis Côté (2014) ont été les récipiendaires du PCCQ, tradition désormais bien implantée dans le milieu scolaire de la province, qui se déploie comme suit : un comité formé de spécialistes du septième art sélectionne d’abord cinq longs-métrages susceptibles d’éveiller l’intérêt des cégépiens.

Puis, les établissements post-secondaires de niveau collégial participants – ils sont cette année au nombre de 53, un record dans la jeune histoire du PCCQ – présentent les œuvres choisies à leurs étudiants. Un jeune représentant par école est ensuite mandaté pour aller débattre aux délibérations nationales, à Québec, au terme desquelles un cinéaste (et son film) vainqueur sera couronné, et recevra une bourse de 3000$.

Au cours de cette table ronde - qui se tiendra cette fois les 18 et 19 mars, à la veille du Gala des Jutra - les élèves y vont de leurs arguments pour défendre leur production coup de cœur. S’ils souhaitent approfondir leur réflexion, ils peuvent aussi assister à la causerie avec les cinéastes et artisans impliqués, qui se tiendra le 19 février, dans la foulée des Rendez-vous du cinéma québécois, à la Cinémathèque québécoise, et en direct sur le web.

Toute l’entreprise PCCQ vise à ouvrir les horizons culturels de nos jeunes adultes, à leur donner un accès privilégié à la cinématographie d’ici – qui, en région, rayonne parfois difficilement, ou carrément pas du tout -, à aiguiller leur esprit critique et à leur fournir des outils pour exprimer leur opinion.

Marraine fidèle

Le PCCQ compte sur le support de sa marraine, Micheline Lanctôt, depuis ses débuts. En plus d’enseigner à l’Université Concordia, la réalisatrice et comédienne maintient ne pas être «beaucoup plus vieille que les cégépiens, dans [sa] tête». «Mes rapports avec eux sont toujours très, très agréables», a-t-elle souri.

«Moi, j’ai commencé à aimer le cinéma parce que les «bonnes sœurs» du couvent où j’allais nous montraient des films, a plaidé Micheline Lanctôt. C’est à cet âge qu’on apprend à aimer le bon cinéma, mais encore faut-il y être exposé. Avec la quantité de films américains qui déferlent sur les écrans, les jeunes n’ont ni les moyens ni le temps de suivre la production québécoise, et ce, si elle se rend jusqu’à eux, ce qui est très rare. Pour moi, le PCCQ est une occasion exceptionnelle d’amener nos films aux cégépiens, et d’en faire d’éventuels spectateurs qui vont aimer le cinéma québécois, et par la suite, vont vouloir d’autres films.»

«Chaque année, je m’étonne des commentaires que les jeunes font sur les films qu’ils choisissent. On ne peut pas souhaiter mieux, comme contact avec le cinéma québécois, que ce cadre-là, où les jeunes sont encadrés par des enseignants, où on leur donne des références, où ils peuvent débattre, où ils peuvent échanger», a continué Micheline Lanctôt.

Le jury en charge de décider des titres nommés au PCCQ est composé de trois critiques, soit Pierre Pageau, Manon Dumais et Daniel Racine, du directeur du cinéma Le Clap, à Québec, Robin Plamondon, et de la directrice générale de Québec Cinéma, Ségolène Roederer. Aux dires de Pierre Fontaine, coordonnateur de l’organisation, un seul grand critère guide le groupe dans son élaboration de la liste des finalistes : les films mentionnés doivent avoir été à l’affiche en salle pendant au moins une semaine. C’est à peu près le seul principe obligatoire à respecter.

«Le comité sélectionneur est indépendant, et on lui donne des guides et non pas des règles, insiste Pierre Fontaine. Pour le reste, il ne faut pas que ça soit un prix de la critique. Le jury doit penser comme les programmateurs d’un festival, en termes de variété, par exemple. Les films doivent susciter la discussion.»

Choix surprenants

Semble-t-il, par ailleurs, que les jeunes spectateurs du PCCQ sont souvent déroutants, et que leurs verdicts peuvent s’avérer surprenants. «Chaque année, leur choix fait mentir les pronostics», assure Micheline Lanctôt.

Par exemple, l’an dernier, alors que tout indiquait que le bien-aimé Mommy, de Xavier Dolan, se dirigeait tout droit vers un triomphe, les discussions de fin de parcours ont fait dévier l’évidence, et c’est finalement Stéphane Lafleur et Tu dors Nicole qui ont raflé les honneurs. Les collégiens ont laissé savoir, lors de leur plaidoyer final, qu’ils se reconnaissaient davantage dans l’univers ludique en noir et blanc de Stéphane Lafleur que dans la relation mère-fils houleuse de Mommy.

«Le prix collégial, ce n’est pas le meilleur film, c’est celui qui touche le plus les jeunes, avance Micheline Lanctôt. Des meilleurs films, il y en a des tonnes. Tous les films sont bons, en partant. Et les jeunes ont répondu à ça. Tu dors Nicole leur disait plus de choses que Mommy. Qu’ils aient cette maturité d’esprit devant quelque chose qu’ils ne connaissaient pas six mois auparavant, qu’ils soient capables de se rallier à un gagnant qui ne fait pas nécessairement l’unanimité, pour nous, c’est mission accomplie.»

Présent lors du dévoilement des finalistes de cette cinquième mouture, lundi, Stéphane Lafleur a d’ailleurs précisé que «le PCCQ est probablement l’un des plus beaux prix qu’il a gagnés dans [sa] vie».

Pour en savoir plus sur le PCCQ, consultez le site officiel du concours ou sa page Facebook.

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