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15/01/2016 05:49 EST | Actualisé 15/01/2016 05:51 EST

Des nouvelles de jeunes Montréalais qui ont rejoint le groupe État islamique en Syrie

Hindustan Times via Getty Images
SRINAGAR, INDIA - JUNE 27: Kashmiri protesters displaying the flags of ISIS during a protest against alleged desecration of Jamia Masjid by police personnel yesterday after Friday prayers, on June 27, 2015 in Srinagar, India. Clashes broke out in several parts of downtown Srinagar on Saturday against the alleged desecration of Jamia Masjid by government forces yesterday. Reacting very sharply against police action, Auqaf Jamia Masjid, which functions under Mirwaiz, called for a shutdown in Srinagar followed by Geelani, Malik and Shah. (Photo by Waseem Andrabi/Hindustan Times via Getty Images)

Un an après leur départ, Radio-Canada a obtenu des informations de plusieurs sources, qui ont voulu garder l'anonymat, au sujet de certains des jeunes Montréalais partis vers la Syrie pour rejoindre le groupe armé État islamique (EI).

Avec les informations de Karine Bastien, Patrick Martin-Ménard et Karim Ouadia

L'un d'entre eux étudierait la médecine et se serait marié avec une jeune femme qui avait quitté le pays avec lui.

Une de ces sources, qui affirme ne pas savoir dans quelle ville se trouve le jeune homme, indique qu'il « étudie le matin et travaille le soir dans un hôpital ». Il ne participerait pas aux combats. Il n'aurait pas les mains tachées de sang, ajoute-t-elle.

Cependant, il ne possède plus son passeport canadien, et on nous dit qu'il serait « comme pris en otage par l'EI ». « Il est contrôlé là-bas, il ne peut pas parler ».

On ajoute qu'il ne peut pas non plus sortir du territoire contrôlé par cette organisation.

Toujours selon nos sources, plusieurs jeunes communiquent régulièrement avec leurs proches.

D'ailleurs, un autre jeune couple, parti aussi à la mi-janvier, vivrait sur le territoire contrôlé par l'EI. Les deux jeunes seraient mariés et sur le point de devenir parents.

Une mystérieuse agence

D'autre part, nous savions déjà que six mois après son départ, les parents d'un des jeunes ont reçu un appel d'une mystérieuse agence leur annonçant que leur fils était mort en « martyr » dans la ville de Tikrit, en Irak.

Son père nous confiait récemment : « Je suis dépassé, ce n'est pas facile. Je cherche toujours les voyous, les lâches qui ont fait ça et qui sont ici à Montréal ».

L'homme a toujours bon espoir de voir la Gendarmerie royale du Canada (GRC) arrêter les responsables.

Et s'ils décidaient de revenir?

Qu'adviendrait-il du jeune homme qui étudie là-bas si jamais il revenait au pays? Il risquerait d'être arrêté dès son arrivée, ce qui fait dire à un de ses proches qu'il préfère le savoir « en Syrie, en train d'aider les enfants, qu'au Canada, dans une prison ».

« Le fait de se rendre en Syrie n'est pas un crime en soi. »

— Dave Charland, analyste en sécurité nationale

« C'est déconseillé, mais ce n'est pas interdit », explique Dave Charland, analyste en sécurité nationale. « Ça devient criminel si on décide d'aller rejoindre un groupe terroriste », ajoute-t-il cependant.

Donc, même s'il ne participait pas aux combats, et se contentait d'aider cette organisation en prodiguant des soins ou en conduisant un groupe sans planifier une attaque terroriste, « ça constitue un crime ici au Canada en vertu du Code criminel », précise M. Charland.

Revenir sans passeport?

« Là, on parle d'un individu qui aurait vraisemblablement rejoint un groupe terroriste, on ne va pas se rendre dans une zone ennemie pour aller le chercher. Par contre, si le jeune réussissait à quitter la zone contrôlée par l'État islamique et qu'il réussissait à se rendre en Jordanie ou en Turquie, ce ne serait pas impossible qu'il s'en aille à son ambassade canadienne et qu'il demande de retourner au pays. Même s'il n'a plus de passeport, il demeure un citoyen canadien », rappelle Dave Charland.

Le reste dépend de la nature des preuves dont disposeraient les policiers et de la nature de son activité en Syrie, poursuit M. Charland.

« Ça ne veut pas nécessairement dire que le jeune en question se ferait arrêter à son retour au Canada, mais on peut être à peu près certain qu'il va se faire rencontrer et questionner par les autorités. »

— Dave Charland, analyste en sécurité nationale

La GRC affirme que chaque cas est différent, et refuse de nous donner toute information sur l'enquête.

Plusieurs proches des jeunes gardent le contact avec la GRC. Ils se demandent pourquoi les policiers ne sont pas intervenus pendant que les jeunes étaient en Turquie en attendant de passer en Syrie.

Et s'ils ont un souhait, c'est que le Canada accentue sa sensibilisation à propos des vidéos de propagandes terroristes qui, selon leur expérience, ne représentent nullement la réalité de l'EI.

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