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La FSSS dénonce une offensive du gouvernement Couillard contre les femmes

Accusant le gouvernement du Québec de tenter d'imposer des reculs sur l'équité salariale dans ses négociations avec le secteur public, la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS-CSN) appelle à la reprise des pourparlers « pour convenir d'une entente satisfaisante ».

Les délégués de la FSSS-CSN avaient recommandé, fin décembre, à leurs membres de rejeter l'entente de principe intervenue entre le gouvernement et le Front commun du secteur public afin de poursuivre les négociations.

Son président, Jeff Begley, est d'ailleurs persuadé « qu'une voie de passage est à portée de main », tout en déplorant que « le gouvernement Couillard a mis une pression énorme sur la FSSS-CSN avant les Fêtes, en prenant le prétexte de l'équité salariale pour nuire à la poursuite de la négociation du secteur public ».

« Aujourd'hui, nous lui disons qu'il faut reprendre les pourparlers pour convenir d'une entente satisfaisante qui ne brime pas les droits des travailleuses et travailleurs du réseau de la santé et des services sociaux. » — Jeff Begley

« Nous dénonçons le fait que le gouvernement tente de bafouer le droit des femmes dans le cadre de cette négociation », déplore la vice-présidente de la FSSS-CSN, Josée Marcotte. « Dans le passé, nous avons réussi à améliorer les conditions salariales de milliers de travailleuses et travailleurs en menant à terme les travaux sur la question. »

Le syndicat avance que le gouvernement du premier ministre Philippe Couillard tente d'imposer ce recul sur l'équité salariale après avoir réussi à le faire accepter par la Fédération interprofessionnelle de la santé (FIQ). Car, bien que certains aménagements de l'entente de la FIQ lui conviennent, la FSSS demeure insatisfaite d'autres aspects liés à l'équité salariale et veut continuer de négocier avec le gouvernement.

Le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, leur a toutefois fait savoir que l'entente était à prendre ou à laisser. « Je ne changerai pas une virgule de l'entente », aurait déclaré M. Coiteux à la FSSS, selon M. Jeff Begley.

La vice-présidente de la FSSS, Josée Marcotte, avance que les métiers du secteur de la santé et de l'éducation « accusent déjà un retard par rapport à d'autres secteurs québécois ». « Avec cette entente-là, ce que le Conseil du Trésor demande c'est de [renoncer] à l'application de la loi sur l'équité salariale [...] c'est aussi d'admettre qu'il n'y a pas eu de discrimination avant 2015 », poursuit Mme Marcotte.

« Encore une fois, on assiste de la part du gouvernement Couillard à une offensive contre les femmes. » — Josée Marcotte

La FSS-CSN représente quelque 110 000 travailleurs du secteur public, dont 80 % sont des femmes.

« La FSSS a toujours été au front pour que le travail des femmes soit reconnu à sa juste valeur, a déclaré Mme Marcotte. Nous n'avons pas dit notre dernier mot. »

Québec tient à l'entente

Le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, a imposé une fin de non-recevoir à la FSSS-CSN, selon ce que rapporte le journal Le Soleil. M. Coiteux souligne qu'il n'était pas question de reprendre la négociation. Il prévient la FSSS qu'elle n'obtiendra pas mieux que ce qui est déjà compris dans l'entente avec le Front commun.

Le président du Conseil du Trésor réitère que c'est une bonne entente pour les deux parties. Il avance que le syndicat fait des gains et que le gouvernement respecte la capacité de payer de l'État québécois.

Québec et le Front commun syndical avaient conclu une entente de principe le 17 décembre dernier. L'entente prévoit des augmentations salariales avoisinant les 9 % à 10 % sur cinq ans et l'âge minimal de la retraite passerait de 60 à 61 ans.

L'entente est intervenue à l'issue d'un long blitz de négociations entre les syndicats et le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux.

Le Front commun est constitué de la CSN, de la FTQ et du Secrétariat intersyndical des services publics (CSQ), de l'Alliance du personnel professionnel et technique de la santé et des services sociaux et du Syndicat de la fonction publique du Québec.

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Grève du front commun (9 décembre 2015)

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