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12/01/2016 07:10 EST | Actualisé 12/01/2017 00:12 EST

Un attentat suicide attribué à l'EI frappe Istanbul: au moins 10 morts dont 9 Allemands

Le coeur touristique d'Istanbul a été frappé mardi par un attentat suicide attribué par le gouvernement turc au groupe Etat islamique (EI), qui a fait au moins 10 morts, dont 9 touristes allemands, et 15 blessés.

L'attaque s'est produite en milieu de matinée dans le quartier de Sultanahmet, sur l'ancien hippodrome qui borde la basilique Sainte-Sophie et la Mosquée bleue, les deux monuments les plus visités de la plus grande ville du pays.

Elle intervient alors que le pays est en état d'alerte maximum depuis l'attentat le plus meurtrier de son histoire, déjà signé par le mouvement jihadiste selon les autorités turques, qui avait fait 103 morts en octobre devant la gare d'Ankara.

"Nous avons déterminé que l'auteur de cette attaque terroriste (...) est un étranger membre de Daech (acronyme arabe de l'EI)", a affirmé le Premier ministre Ahmet Davutoglu lors d'une brève déclaration télévisée à Ankara.

Le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan avait auparavant déclaré que l'attentat avait été commis par "une personne d'origine syrienne", sans autre détail.

Longtemps soupçonné de complaisance envers les rebelles radicaux syriens, le régime islamo-conservateur turc a rejoint l'été dernier la coalition antijihadiste internationale. Depuis octobre, il a multiplié les arrestations de membres présumés de l'EI, affirmant plusieurs fois avoir déjoué d'autres projets d'attentats.

Mardi, la police a encore arrêté 47 suspects à Ankara, Sanliurfa (sud-est) et Mersin (est), selon les médias, sans lien immédiat avec les événements d'Istanbul.

A l'issue d'une réunion d'urgence autour de M. Davutoglu, le porte-parole du gouvernement Numan Kurtulmus a indiqué que le kamikaze avait été identifié comme un Syrien né en 1988, sans toutefois donner son nom.

Selon l'agence de presse Dogan citant des sources policières, cet homme s'appelait Nabil Faldi et était né en Arabie saoudite.

- Condoléances à Merkel -

Témoins de la violence de la déflagration, les premières photos prises sur place montraient plusieurs corps démembrés couchés sur le sol pavé de cette grande esplanade, traversée chaque année par des millions de touristes venus du monde entier.

"Toutes les victimes sont de nationalité étrangère", a précisé le Premier ministre turc. "Il y a au moins 9 Allemands parmi les 10 tués", a précisé à l'AFP un responsable sous couvert de l'anonymat.

M. Davutoglu a lui-même téléphoné à la chancelière allemande Angela Merkel pour l'en informer et lui présenter ses condoléances.

Le premier bilan livré par le bureau du gouverneur d'Istanbul a également fait état de 15 blessés. Deux d'entre eux se trouvent dans un état grave, a précisé M. Kurtulmus. Parmi eux figure un citoyen norvégien, selon Oslo.

Berlin a recommandé "avec insistance" aux Allemands d'éviter "provisoirement" les lieux publics et les "attractions touristiques" à Istanbul, alors que Paris a conseillé de son côté à ses ressortissants d'éviter le secteur de l'attentat.

Sitôt après l'explosion, de nombreux témoins ont évoqué le scénario d'un attentat suicide.

"L'explosion a été si forte que le sol a tremblé", a indiqué une touriste, Caroline, "c'est vraiment effrayant".

- 'L'Etat turc ciblé' -

La Turquie vit en état d'alerte permanent depuis le double attentat suicide jihadiste qui a visé un rassemblement de manifestants prokurdes le 10 octobre devant la gare centrale d'Ankara, faisant 103 morts et plus de 500 blessés.

En janvier 2015 déjà, une femme kamikaze originaire du Daguestan russe, dont la presse locale avait affirmé qu'elle avait rejoint les rangs jihadistes en Syrie, s'était fait exploser devant un poste de police du quartier de Sultanahmet. Un policier avait été tué.

"Le mode opératoire, un kamikaze, et la cible, un groupe de touristes, suggèrent un attentat jihadiste", a commenté mardi à l'AFP un diplomate occidental. "Si c'est le cas, c'est le signe que Daech a décidé de s'en prendre directement à l'Etat turc", a-t-il ajouté, "jusque-là, ses cibles en Turquie étaient les Kurdes".

La Turquie est également secouée depuis l'été dernier par la reprise de combats meurtriers entre ses forces de sécurité et le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), qui ont fait voler en éclat un cessez-le-feu qui tenait depuis plus de deux ans.

Les rebelles kurdes visent en priorité militaires et policiers mais le 23 décembre dernier, une organisation armée kurde, les Faucons de la liberté du Kurdistan (TAK), a revendiqué une attaque au mortier qui a visé l'aéroport Sabiha Gökçen, sur la rive asiatique d'Istanbul, faisant un mort et un blessé.

M. Erdogan a promis à plusieurs reprises d'éradiquer le PKK.

"La fermeté de la Turquie n'a pas changé", a déclaré mardi l'homme fort du pays. "La Turquie est la première cible de toutes les organisations terroristes actives dans la région parce qu'elle les combat toutes avec la même détermination", a-t-il ajouté.

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