NOUVELLES
12/01/2016 08:39 EST | Actualisé 12/01/2017 00:12 EST

Syrie: tentative d'évacuer des civils de Madaya, succès militaire du régime

Les organisations humanitaires négociaient mardi l'évacuation de 400 civils souffrant de malnutrition de la ville assiégée de Madaya en Syrie, où le régime a remporté une victoire majeure en s'emparant d'un fief rebelle dans l'ouest du pays.

Les souffrances à Madaya, ville rebelle soumise depuis six mois à un siège hermétique des forces du régime de Bachar al-Assad, sont "sans comparaison" avec ce que les humanitaires ont pu rencontrer dans le reste du pays dévasté par la guerre, a estimé l'ONU.

"Le Comité international de la Croix-Rouge, le Croissant Rouge et l'ONU travaillent" pour l'évacuation des 400 civils, "mais c'est un processus très compliqué qui nécessite des autorisations", a précisé à l'AFP Pawel Krzysiek, porte-parole du CICR à Damas "Nous essayons de trouver une solution mais cela va prendre du temps".

A la suite du tollé international provoqué par les informations sur la situation humanitaire catastrophique à Madaya, dans la province de Damas, le régime a cédé en autorisant l'accès à la ville où un convoi de 44 camions d'aides a pu entrer lundi.

En l'absence d'approvisionnement, plusieurs centaines d'habitants à Madaya "sont en grand danger de mort" car ils souffrent de malnutrition ou "d'autres problèmes médicaux", selon le patron des opérations humanitaires de l'ONU Stephen O'Brien.

"400 personnes doivent être évacuées immédiatement" et l'ONU espère le faire "dès que possible", a dit M. O'Brien après une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU lundi.

- 'Sans comparaison' -

Les responsables de l'ONU et du CICR qui se sont rendus sur place ont été choqués par le dénuement des 42.000 habitants.

"Ce que nous avons vu est assez horrible, il n'y avait pas de vie. Des rapports crédibles disent que des personnes sont mortes de faim. C'est sans comparaison par rapport à d'autres parties de la Syrie", a témoigné le représentant du Haut-commissariat pour les réfugiés (HCR), Sajjad Malik, en téléconférence depuis Damas.

"Ce que nous avons vu à Madaya ne devrait pas exister à notre époque", a-t-il insisté, soulignant que les habitants manquaient absolument de tout.

"La première impression fait mal au coeur: j'ai vu à Madaya non seulement des enfants mais aussi des adultes très faibles et mal nourris", a souligné M. Krzysiek.

La situation est aussi selon l'ONU "très préoccupante" à Foua et à Kafraya, deux localités chiites encerclées par les rebelles à plus de 300 km de Damas dans la province d'Idleb (nord-ouest), où 21 camions chargés d'aides sont également entrés lundi.

"La situation y est . Ces localités manquent de tout: eau potable, électricité, nourriture et farine", a expliqué M. Krzysiek.

Il devrait y avoir une ou deux livraisons d'aide supplémentaires cette semaine pour les trois localités ainsi qu'à Zabadani, près de Madaya.

- Plus importante victoire -

Sur le front militaire, les forces du régime ont remporté leur plus importante victoire depuis le début de l'intervention militaire fin septembre de l'allié russe, en s'emparant de la localité stratégique de Salma, aux mains des rebelles depuis juillet 2012.

"Nos unités de l'armée, en coordination avec les Forces de défense nationale (milice pro-régime), ont pris le contrôle total de la localité de Salma et des collines environnantes", a indiqué une source militaire citée par la télévision d'Etat.

Située à 800 m d'altitude, sur le mont Akrad (Mont des Kurdes), dans la province de Lattaquié, berceau de la famille Assad, Salma était devenu le QG des rebelles islamistes et du Front al-Nosra, la branche syrienne d'Al-Qaïda.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH), les forces du régime ont bénéficié de l'appui de l'aviation russe qui a "bombardé intensément" les positions rebelles.

Ailleurs dans le pays, 34 civils ont péri dans deux raids russes selon l'OSDH: un raid a tué 14 civils, dont trois enfants, à Minbej, tenu par les jihadistes du groupe Etat islamique dans la province d'Alep. Un second raid a tué 20 civils, dont un enfant et deux journalistes-citoyens à Maaret al-Noomane dans la province d'Idleb.

lar/sk/tp