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12/01/2016 03:33 EST | Actualisé 12/01/2017 00:12 EST

Le centre Mélaric ferme ses portes et blâme le gouvernement Couillard

Disant être pris à la gorge depuis que le gouvernement libéral de Philippe Couillard a procédé à une réforme du programme d'aide l'aide sociale l'an dernier, le centre de désintoxication Mélaric, situé à Saint-André-d'Argenteuil, annonce sa fermeture.

Le centre n'a « plus de liquidité financière pour continuer ses opérations » et il lui est donc « impossible » de demeurer ouvert plus longtemps « dans les présentes conditions », indique un communiqué publié mardi matin.

Québec est demeuré sourd aux « nombreux messages à l'aide » envoyés, indique le centre.

Seize employés perdent leur emploi et les 75 clients alcooliques ou toxicomanes qui s'y trouvent seront déplacés; 43 d'entre eux, présents par ordre judiciaire, retourneront dans leur centre de détention respectif, tandis que les 32 autres seront transférés ailleurs ou retourneront chez eux.

S'appuyant sur un rapport commandé et payé par le ministère de la Santé et des Services sociaux, Mélaric explique qu'il souffre d'un « manque de financement adéquat » depuis que le ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale (MESS) a réduit à 200 $ par mois les prestations mensuelles de ses clients. 

Cette décision a été annoncée le 28 janvier dernier par le ministre François Blais et est entrée en vigueur le 1er mai.

« Cette mesure gouvernementale a fait perdre à Mélaric des revenus cumulés au montant de 350 000 $ au 30 décembre 2015 parce que les clients [...] ne payent plus les frais d'admission de 150 $ et les frais de thérapie de 400 $ par mois qu'ils payaient avant le 1er mai 2015 », souligne la direction du centre.

Il serait « moralement inadmissible de facturer aux clients des services autres que leurs frais de transport à même leur maigre chèque de 200 $ par mois », ajoute-t-elle, en précisant n'obtenir aucun financement du Programme de soutien aux organismes communautaires.

Le centre Mélaric explique qu'il a demandé une subvention de 350 000 $ de Québec pour poursuivre sa mission, mais qu'il n'a reçu que 100 000 $ du Secrétariat à l'action communautaire autonome et aux initiatives sociales, qui relève du MESS.

Ce montant « ne correspondait en définitive qu'au montant que Mélaric ne perçoit plus depuis la réduction des prestations d'aide sociale à 200 $ par mois depuis le 1er mai 2015 », indique le centre Mélaric. 

La direction affirme qu'elle a demandé à Québec d'établir une « équité de financement » comparable à celle qui s'applique dans les garderies du Québec, afin que les centres d'hébergement accrédités par les centres intégrés de services sociaux reçoivent 60 $ par jour par résident, mais en vain.

L'Association québécoise des centres d'intervention en dépendance avait prévenu en février dernier que 40 centres de thérapie risquaient de fermer leurs portes si Québec allait de l'avant avec sa réforme, et que jusqu'à 7320 personnes pourraient devoir se trouver de l'aide ailleurs.