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12/01/2016 07:53 EST | Actualisé 12/01/2017 00:12 EST

L'ONU décrit une scène cauchemardesque à Madaya, en Syrie

BEYROUTH — La famine a plongé la ville syrienne de Madaya dans un cauchemar sans équivalent ailleurs au pays, a raconté mardi un représentant des Nations unies qui s'est rendu sur place.

La ville contrôlée par les insurgés est assiégée depuis l'été dernier par les forces du régime de Bachar el-Assad. Son sort a été porté à l'attention de la communauté internationale quand des militants ont mis en ligne des photos d'enfants et d'hommes âgés émaciés.

Le chef de l'agence onusienne des réfugiés à Damas, Sajjad Malik, a expliqué que la situation «désespérée» de la ville était une conséquence directe du manque de vivres, de médicaments et d'autres biens essentiels.

Il a dit que la situation à Madaya est «sans pareil» à travers la Syrie. Un kilo de riz s'y vendait 300 $ US et certains habitants n'ont pas mangé de pain, de riz, de légumes ou de fruits depuis plusieurs mois.

Une aide humanitaire d'urgence est finalement arrivée à Madaya lundi. L'ONU avait alors déclaré que 400 patients de l'hôpital de la ville devaient être évacués dès maintenant, puisqu'ils étaient sur le point de mourir de faim ou d'autres problèmes médicaux. Les autorités syriennes, les rebelles et les organisations caritatives n'ont pas encore répondu à cet appel.

L'ONU espère pouvoir procéder à l'évacuation au cours des prochaines heures. Environ 300 civils, surtout des femmes et des enfants, ont profité de la situation pour quitter Madaya par leurs propres moyens.

L'organisation humanitaire Médecins sans frontières rapporte que 23 personnes sont mortes de faim dans une de ses cliniques de Madaya depuis le 1er décembre — dont six enfants âgés de moins d'un an et cinq adultes de plus de 60 ans.

Un convoi d'aide a également rejoint lundi les villages chiites de Foua et Kafarya, dans le nord du pays. Ces deux villages sont eux aussi assiégés depuis plusieurs mois.