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12/01/2016 07:39 EST | Actualisé 12/01/2017 00:12 EST

France: prison ferme pour la séquestration de cadres dans une usine Goodyear

Huit anciens salariés d'une usine Goodyear du nord de la France ont été condamnés mardi à une peine inédite de neuf mois de prison ferme pour la séquestration durant 30 heures en 2014 de deux cadres dirigeants de l'entreprise.

La sévérité de la peine - 24 mois de prison dont 15 avec sursis - a suscité nombre de réactions outrées dans les rangs syndicaux ou chez certains élus de gauche.

"On trouve la décision très injuste. On va faire appel", a réagi Hassan Boukri, l'un des prévenus, tandis qu'un autre, Reynald Jurek, dénonçait une "décision purement politique".

La séquestration était intervenue après six ans de dur conflit social dans une usine de pneumatiques du groupe américain Goodyear à Amiens-Nord où les salariés se battaient pour éviter des suppressions d'emploi.

Entre le 6 et le 7 janvier 2014, le directeur des ressources humaines ainsi que le directeur de la production avaient été retenus dans l'usine, que plusieurs dizaines de salariés avaient occupée.

Lors de l'audience, le 24 novembre, les prévenus avaient évoqué "un coup de colère" face à une direction qui "n'apportait aucune réponse" à la "détresse sociale" dans laquelle se trouvaient les salariés de cette entreprise de 1.143 salariés, fermée quelques jours après.

Le syndicat CGT de l'entreprise a fustigé, dans un communiqué, un "jugement inacceptable" avec lequel le gouvernement cherche à "intimider tous les salariés qui se battent pour leur droit et leurs emplois".

Pour la fédération locale du Parti socialiste, ces salariés "se sont battus dignement pour défendre leur outil de travail et les emplois". "Très choqué", le député PS Yann Galut a souhaité "la même sévérité à l'égard des patrons voyous".

Entre séquestrations, dégradations, diffamation ou menaces de faire sauter les usines, les conflits sociaux ont souvent été spectaculaires ces dernières années en France, mais ils ont engendré peu de poursuites judiciaires.

Des violences contre des cadres de la compagnie aérienne Air France, dont la chemise avait été arrachée début octobre, font toutefois l'objet d'une procédure.

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