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12/01/2016 09:40 EST | Actualisé 12/01/2017 00:12 EST

Deux journalistes irakiens tués au nord de Bagdad

Des inconnus ont abattu mardi deux journalistes en Irak, l'un des pays les plus dangereux pour les professionnels de la presse, au lendemain de nouveaux attentats qui ont fait des dizaines de morts dans le pays.

La chaîne privée Charqiya a annoncé que des hommes armés avaient tiré sur deux de ses journalistes alors qu'ils rentraient à Baqouba (60 km au nord de Bagdad) après un reportage avec le général Mizher al-Azzawi, chef du commandement de la sécurité de la province de Diyala.

"Des miliciens armés ont assassiné le correspondant Seif Talal et son caméraman Hassan al-Anbaki près de Baqouba", a-t-elle précisé. Baqouba est le chef-lieu de la province de Diyala "libérée" il y a un an par les forces progouvernementales des jihadistes du groupe Etat islamique (EI).

Selon leur collègue Minas al-Suheil, les deux journalistes roulaient derrière le convoi du général de retour de Mouqdadiyah (au nord-est de Baqouba) quand des miliciens masqués à bord de trois véhicules les ont arrêtés dans le village d'Abou Saida, les ont sortis de leur véhicule et les ont tués avec des kalachnikovs.

Le meurtre a eu lieu près d'un barrage de la police qui n'est pas intervenue, a raconté M. Suheil à l'AFP.

Des groupes armés chiites, dont certains ont été maintes fois accusés d'exactions contre la communauté sunnite, ont beaucoup d'influence dans la province de Diyala.

La chaîne Charqiya est détenue par des sunnites et perçue comme sympathisante avec cette communauté minoritaire dans le pays à majorité chiite.

L'Irak est l'un des pays au monde les plus risqués pour les journalistes, surtout pour les Irakiens, plus exposés aux attaques que leurs collègues étrangers.

Dans son rapport annuel publié fin décembre, Reporters sans frontières (RSF) indique que l'Irak occupe le premier rang mondial des pays les plus dangereux pour les journalistes avec dix tués en 2015.

RSF a, dans un communiqué, déploré un "acte odieux" et demandé "aux autorités d'élucider le crime en ouvrant une enquête indépendante pour traduire en justice les coupables" de l'assassinat des deux journalistes.

- Attentat suicide -

The Committee to Protect Journalists a pour sa part fait état de cinq journalistes tués en Irak en 2015, classant ce pays parmi les quatre les plus meurtriers pour les journalistes.

Toujours dans la province de Diyala, un colonel du renseignement a été blessé mardi dans un attentat suicide qui a aussi fait quatre morts parmi les policiers, ont indiqué des responsables.

Selon des officiers de l'armée et de la police, un kamikaze à bord d'un véhicule piégé a foncé sur le convoi du colonel Qassem al-Anbaki, chef des services de renseignement de la police dans la province.

L'attaque, qui a eu lieu au sud de Baqouba, n'a pas été revendiquée dans l'immédiat.

Les attentats suicide sont cependant souvent commis par des extrémistes sunnites, notamment l'EI qui s'est emparé en 2014 de larges pans du territoire, dont une partie de Diyala.

Ces jihadistes, qui considèrent les chiites comme hérétiques, n'ont plus de bases fixes à Diyala après en voir été chassés mais ont repris leurs anciennes techniques qui consistent à y faire exploser des voitures piégées et mener des attentats suicide.

- 'Revenir au conflit confessionnel' -

L'EI a ainsi revendiqué un double attentat dans cette province qui a fait lundi 20 morts dans un café de Mouqdadiyah. Après cette attaque, des maisons et une mosquée sunnites ont été incendiées.

Le représentant de l'ONU en Irak Jan Kubis a condamné l'attaque contre la mosquée, accusant les assaillants de "vouloir inciter aux violences confessionnelles, dans une tentative désespérée de ramener le pays aux jours sombres du conflit confessionnel", il y a une dizaine d'années.

L'EI a revendiqué une autre attaque lundi qui a fait 12 morts à Bagdad.

Pour reconquérir les territoires contrôlés par l'EI, les forces fédérales irakiennes reçoivent notamment l'appui de la coalition internationale dirigée par les Etats-Unis qui mène des raids aériens contre les positions du groupe extrémiste.

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