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12/01/2016 07:33 EST | Actualisé 12/01/2017 00:12 EST

Des documents très critiques de l'Arabie saoudite publiés par un organisme fédéral

L'exécution de 47 prisonniers par l'Arabie saoudite, le 2 janvier dernier, a soulevé l'indignation sur la scène internationale. Il a aussi provoqué tout un questionnement au Canada quant à la vente d'armes à ce pays du Moyen-Orient.

Alors que le ministre canadien des Affaires étrangères, Stéphane Dion, tarde à rendre public un rapport interne sur les droits de la personne en Arabie saoudite, un organisme fédéral a publié récemment une série de rapports très durs à l'endroit du régime saoudien.

Un texte de Brigitte Bureau

La Commission de l'immigration et du statut de réfugié du Canada publie ce qu'elle appelle des « cartables nationaux de documentation ». Chaque « cartable » contient un ensemble de documents sur les droits de la personne et sur la sécurité d'un pays d'où proviennent des réfugiés. Ces rapports, rédigés par différents organismes et gouvernements, permettent aux commissaires qui entendent les demandes d'asile de se faire une idée sur les pays d'origine des demandeurs.

Ces « cartables » sont mis à jour régulièrement et publiés en ligne. Le cartable sur l'Arabie saoudite a été révisé il y a moins de trois mois, soit le 30 octobre 2015.

Les documents qu'il renferme ne font aucun doute quant au bilan troublant de l'Arabie saoudite en matière de droits de la personne.

Par exemple, on peut y lire un rapport rédigé par le Foreign and Commonwealth Office du Royaume-Uni, soit le ministère britannique des Affaires étrangères. Dans ce rapport, le gouvernement britannique écrit que malgré certains progrès en matière de droits de la personne, la situation demeure préoccupante en Arabie saoudite.

Plusieurs défenseurs des droits de la personne ont été arrêtés et des châtiments corporels continuent d'être imposés, comme une amputation en décembre 2014 et la flagellation du blogueur saoudien Raif Badawi, en janvier 2015. Le rapport fait aussi état de deux femmes arrêtées et emprisonnées parce qu'elles conduisaient une auto. L'Arabie saoudite est le seul pays au monde qui interdit aux femmes de conduire.

Un autre rapport, rédigé cette fois par le département d'État américain, rappelle une série de violations des droits de la personne : « La violence contre les femmes, la traite des personnes et la discrimination fondée sur le sexe, la religion, la secte, la race et l'ethnicité sont courantes ». Le rapport déplore également le manque de protection pour les enfants, les détentions arbitraires et les restrictions systématiques aux droits fondamentaux, comme la liberté d'expression.

Le cartable sur l'Arabie saoudite comprend aussi un rapport d'Amnistie internationale. « Les tribunaux continuaient de prononcer des sentences capitales, souvent à l'issue de procès iniques, pour toute une série d'infractions dont certaines n'étaient accompagnées d'aucune violence, par exemple la "sorcellerie", l'adultère et les infractions à la législation sur les stupéfiants », peut-on lire dans le rapport de 2015. « Plusieurs dizaines de personnes ont été exécutées; beaucoup ont été décapitées en public. Parmi les suppliciés figuraient des Saoudiens et des migrants. »

Enfin, un autre document du cartable résume bien la situation, celui de Freedom House, un organisme des droits de la personne établi aux États-Unis. Freedom House accorde des notes aux différents pays selon leur respect des droits et libertés. En 2015, l'Arabie saoudite obtenait la pire note possible.

À consulter : Cartables de la Commission de l'immigration et du statut de réfugiés du Canada