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12/01/2016 08:07 EST | Actualisé 12/01/2017 00:12 EST

Cuba n'"imagine pas" que le prochain président américain revienne sur le dégel

Cuba n'"imagine pas" que le prochain président des Etats-Unis remette totalement en cause le rétablissement des relations diplomatiques avec La Havane, même si le gouvernement de Raul Castro n'exclut pas un "recul" éventuel dans d'autres domaines.

"Je n'imagine pas qu'un nouveau président, quel qu'il soit, décide de rompre les relations avec Cuba et ferme son ambassade", a expliqué la responsable des négociations avec les Etats-Unis Josefina Vidal dans un entretien publié mardi par L'Agence cubaine d'informations (ACN).

Toutefois, a estimé la diplomate, "il y a d'autres sujets qui pourraient être révisés, comme la coopération dans divers domaines".

La responsable des Etats-Unis au ministère cubain des Affaires étrangères a aussi admis que La Havane suivait attentivement le processus électoral devant mener au remplacement de Barack Obama, grand artisan avec Raul Castro du rapprochement entre les vieux ennemis de la guerre froide.

Côté républicain, les candidats aux primaires ont exprimé diverses réserves sur le processus ayant mené au rétablissement des relations diplomatiques entre les deux pays en juillet 2015, alors que les démocrates soutiennent la politique du président sortant.

Pour Mme Vidal, la réconciliation n'est pas encore "irréversible" car le prochain locataire de la Maison Blanche sera en mesure d'"abroger certains des instruments adoptés au niveau exécutif, ou de les vider de leur objet par la voie de l'inaction".

De son côté, le gouvernement cubain "a la volonté de continuer à avancer" jusqu'à janvier 2017, tant que l'actuelle administration sera en place.

"C'est une année raccourcie par la campagne électorale (...) mais nous continuerons forts de la conviction que Cuba et les Etats-Unis n'ont d'autre issue que la cohabitation respectueuse", a insisté la diplomate, appelant la partie américaine à "prendre des mesures rapides dans le domaine économico-commercial".

Alors que le président américain appelle le Congrès - dominé par ses adversaires républicains - à lever l'embargo contre l'île communiste, Cuba exhorte ce dernier à faire usage de ses prérogatives pour vider de leur substance ces restrictions datant de 1962.

Le président américain a clairement indiqué qu'il souhaitait se rendre à Cuba avant la fin de son mandat, mais a souligné que ce déplacement historique ne serait possible que si de réels progrès étaient enregistrés sur place en termes de libertés individuelles.

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