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12/01/2016 16:12 EST | Actualisé 12/01/2017 00:12 EST

Brésil: heurts lors d'une manifestation contre la hausse du prix des transports

Une nouvelle manifestation contre la hausse du tarif des transports publics a dégénéré mardi à São Paulo, où avait débuté la grande fronde sociale brésilienne de 2013 pour le même motif.

Des affrontements se sont produits entre la police et des petits groupes de manifestants dispersés avec des gaz lacrymogènes et des bombes assourdissantes, a rapporté une journaliste de l'AFP.

La police a déclenché les hostilités sur le lieu de concentration des manifestants pour les empêcher d'entamer leur marche vers l'une des extrémités de l'Avenue Paulista, en plein centre de la capitale économique du Brésil.

Plusieurs manifestants ont été blessés, selon des images retransmises par la télévision.

La police militaire a de son côté indiqué avoir arrêté "deux personnes en possession d'engins explosifs".

Les manifestants, en majorité des jeunes, dont une minorité étaient masqués, protestaient contre l'augmentation du prix du ticket de métro et de bus de 3,50 à 3,80 réaux (0,8 dollar à 1 dollar), à l'appel du mouvement Passe livre, qui milite pour la gratuité des transports publics.

Le gouvernement de l'Etat de São Paulo argumente pour sa part que cette augmentation est inférieure à l'inflation galopante enregistrée en 2015 (10,67%), malgré la vive récession économique qui frappe le grand pays émergent d'Amérique du sud.

Des manifestations similaires avaient déjà dégénéré vendredi à São Paulo et à Rio de Janeiro (sud-est).

En juin 2013, en pleine Coupe des Confédérations de football, des manifestations durement réprimées contre l'augmentation du prix des transports publics avaient servi de détonateur à la fronde sociale historique qui avait ébranlé le pays à un an du Mondial.

Des centaines de milliers de Brésiliens mobilisés sur les réseaux sociaux avaient manifesté dans les principales villes du pays pour protester pêle-mêle contre la facture publique du Mondial, la corruption des élites politiques, la paupérisation des systèmes publics d'éducation et de santé.

Les récentes manifestations sur l'augmentation du prix des transports interviennent à bientôt six mois du coup d'envoi des Jeux olympiques de Rio de Janeiro, les premiers de l'histoire organisés en Amérique du Sud.

La préparation des JO se déroule pour le moment dans les temps et les budgets annoncés sont tenus. Elle ne suscite pas à ce stade de mouvements significatifs de protestation comme ceux qui avaient accompagné la préparation chaotique du Mondial-2014 de football, marquée par d'innombrables retards et une envolée hors contrôle de la facture des stades.

La situation générale du pays a en revanche énormément empiré depuis.

Le Brésil est simultanément ébranlé par une profonde récession économique, un gigantesque scandale de corruption politico-financier autour du géant pétrolier public Petrobras, et une crise politique aiguë marquée par le lancement au parlement d'une procédure de destitution de la présidente de gauche Dilma Rousseff dont l'issue incertaine devrait se décider dans les prochains mois.

rs-nr/pal/mda