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12/01/2016 08:35 EST | Actualisé 12/01/2017 00:12 EST

Belgique : les "journées diplomatiques" tournent à la foire d'empoigne Flamands-Wallons

Les traditionnelles "journées diplomatiques", qui réuniront fin janvier les ambassadeurs de Belgique en poste dans le monde entier, tournent cette année à la foire d'empoigne entre néerlandophones et francophones avec l'annonce d'une visite des diplomates à Anvers, fief du chef des nationalistes flamands Bart De Wever.

Du 25 au 29 janvier, 86 ambassadeurs, 21 consuls généraux et huit représentants belges auprès d'institutions internationales seront de retour en Belgique pour quatre journées de séminaires et de rencontres avec les autorités belges, les milieux économiques ou encore le chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini.

Mais c'est une invitation lancée par le bourgmestre (maire) d'Anvers et président du parti nationaliste flamand N-VA, Bart De Wever, partisan de l'indépendance à terme de la Flandre, qui fait polémique.

"Pour la première fois, le programme officiel inclut une visite obligatoire à un président de parti ! Et pas n'importe lequel", a tonné le député centriste francophone Georges Dallemagne, cité par le journal Le Soir.

Une version en partie démentie par le ministère des Affaires étrangères. "Cette visite à Anvers, faite sur invitation du maire, se situe en dehors du programme et est facultative, comme plein d'autres rendez-vous des journées diplomatiques", a déclaré mardi à l'AFP son porte-parole, Didier Vanderhasselt.

Les ambassadeurs pourront donc choisir de se rendre ou non le vendredi 29 janvier à Anvers, où le programme prévoit un exposé sur les relations extérieures de la deuxième ville belge, une présentation sur le thème "diplomatie et diamant", dont la cité portuaire est l'un des centres mondiaux, et un échange d'une demi-heure avec Bart De Wever.

Le chef du gouvernement régional de la Wallonie (sud), le socialiste Paul Magnette, a dénoncé un programme dans lequel la "part du lion" est attribuée à la Flandre.

Les tensions entre partis flamands et francophones, qui s'étaient apaisées depuis la crise de 2010-2011, au cours de laquelle il avait fallu 541 jours pour constituer un gouvernement, ont repris de la vigueur ces dernières semaines.

Une proche de Bart De Wever, la ministre de l'Intérieur de la Flandre Liesbeth Homans, a dit le 6 janvier "espérer" que la Belgique aura cessé d'exister d'ici à 2025.

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