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12/01/2016 08:44 EST | Actualisé 12/01/2017 00:12 EST

Arrestation en Chine d'un Suédois travaillant pour une ONG de défense des droits de l'Homme

Un Suédois travaillant en Chine pour une organisation défendant les droits de l'Homme a été arrêté par les autorités chinoises, soupçonné d'avoir "mis en danger la sécurité de l'Etat", a annoncé mardi une autre ONG, au moment où Pékin accentue la pression sur la société civile.

L'homme, qui travaillait pour l'association "Chinese Urgent Action Working Group", a été interpellé au début du mois alors qu'il s'apprêtait à embarquer sur un vol à l'aéroport de Pékin, a indiqué son collègue Michael Caster à l'AFP.

Il l'a identifié comme Peter Dahlin.

Un porte-parole de Chinese Human Rights Defenders (CHRD), une ONG américaine, l'avait auparavant identifié comme Peter Beckenridge, indiquant qu'il avait été interpellé à l'aéroport le 4 janvier pour "atteinte à la sécurité de l'Etat".

Le "Chinese Urgent Action Working Group" auquel il appartient se donne pour mission de soutenir en Chine "les défenseurs des droits de l'Homme en détresse", notamment dans leurs déboires avec la justice.

L'association avait soumis aux Nations unies un document détaillant "des manoeuvres d'intimidation, surveillances, placements en résidence surveillée, agressions physiques, disparitions forcées et détentions arbitraires" dont étaient victimes des activistes et dissidents chinois.

Le texte mentionnait le Suédois comme un contact, ainsi qu'un numéro de téléphone auquel personne ne répondait mardi.

Un porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a assuré mardi ne pas être au courant de l'affaire.

En revanche, l'ambassade de Suède à Pékin a indiqué par courriel à l'AFP qu'un "ressortissant suédois d'environ 35 ans avait été arrêté en Chine" et qu'elle tâchait de se renseigner sur sa situation.

Sous la présidence de Xi Jinping, la Chine a ostensiblement durci la répression contre les voix critiques à l'égard du régime communiste, emprisonnant aussi bien des avocats et militants des libertés que de simples blogueurs et des intellectuels.

Les autorités ont par ailleurs rendu public un projet de loi visant à faire encadrer plus sévèrement par la police les organisations non gouvernementales (ONG) étrangères ou bénéficiant de financement internationaux.

Les médias d'Etat accusent volontiers les ONG étrangères opérant en Chine de saper la sécurité nationale ou de chercher à "fomenter des troubles", voire à déclencher une "révolution colorée" contre le Parti communiste.

Selon cette loi, que doit entériner la chambre d'enregistrement législative du régime, les ONG étrangères devront former "un partenariat" avec au moins un organe gouvernemental et soumettre leurs "plans de travail" détaillés à la police pour approbation --entre autres mesures--.

Nombre d'organisations, gouvernements occidentaux et même chambres de commerce s'inquiètent de cette loi qui restreindrait considérablement leurs activités, tandis que les références vagues à la "sécurité du pays" dans le texte pourraient ouvrir la voie à une répression à la discrétion des forces de police.

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