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12/01/2016 13:43 EST | Actualisé 12/01/2017 00:12 EST

Après leur périple en Amérique centrale, les migrants cubains devraient être les bienvenus aux Etats-Unis

Les premiers 180 migrants cubains, parmi les quelque 8.000 bloqués depuis des semaines au Costa Rica dans leur route vers les Etats-Unis, devaient s'envoler mardi soir pour le Salvador avant de poursuivre leur périple à travers l'Amérique centrale et le Mexique pour atteindre le voisin du nord.

Ces milliers de Cubains, arrivés dans divers pays d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud dans l'intention de gagner ensuite les Etats-Unis par la voie terrestre, redoutent la disparition du régime spécial d'immigration dont ils bénéficient aux Etats-Unis. Les deux pays ont entamé un spectaculaire rapprochement depuis un an.

Ces Cubains seront-ils en situation illégale aux Etats-Unis ?

Non. Bien qu'ils ne disposent pas de visas américains, en vertu du "Cuban adjustment act" de 1966, une loi américaine votée durant la guerre froide, les Cubains arrivant sur le sol américain peuvent demander un permis qui les autorise à rester durant un an, au terme duquel ils peuvent solliciter un permis de résidence permanent.

Une fois parvenus à un poste frontière américain, le processus ne prend généralement que quelques heures avant que les migrants Cubains ne soient autorisés à entrer sur le territoire des Etats-Unis. Dans le pays, ils ont droit à des cours d'anglais et aux prestations sociales durant plusieurs mois.

Comment sont-ils restés coincés en Amérique centrale ?

Ces milliers de Cubains, arrivés dans divers pays d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud avec l'objectif de gagner ensuite les Etats-Unis par la voie terrestre, sont restés bloqués au Costa Rica lorsque le Nicaragua a refusé à la mi-novembre de les laisser franchir sa frontière et poursuivre leur route vers le nord.

Cela a provoqué un goulot d'étranglement et 7.800 migrants sont désormais coincés au Costa Rica, qui a lui-même mi-décembre fermé aux migrants cubains sa frontière avec son voisin du sud, le Panama. Depuis le 18 décembre, les autorités costariciennes ne leur délivrent plus de visas de transit, si bien que quelque 2.000 Cubains sont actuellement bloqués du côté panaméen.

La fermeture des frontières et la décision de l'Equateur, leur point de départ habituel en Amérique latine, de demander à nouveau un visa aux voyageurs cubains, a rendu la route à travers l'Amérique centrale bien plus difficile. Mais à cause de la politique migratoire américaine, dite des "pieds secs, pieds mouillés", qui prévoit l'accueil des migrants Cubains qui foulent le sol américain, et leur rapatriement s'ils sont interceptés en mer, beaucoup préfèrent encore cette option à la traversée en mer.

Pourquoi certains pays posent-ils autant de difficultés ?

Certains pays d'Amérique centrale sont agacés par la facilité d'accès des Cubains aux Etats-Unis quand nombre de leurs citoyens doivent entrer et résider aux Etats-Unis clandestinement. Cette question est devenue d'autant plus sensible avec la nouvelle vague d'arrestations et d'expulsions vers l'Amérique centrale de personnes en situation irrégulière sur le sol américain. Les Etats-Unis affirment vouloir mener ces expulsions controversées à un rythme plus soutenu.

Par ailleurs, certains pays, les plus prospères, craignent également que les migrants cubains ne finissent par s'installer sur leur territoire et pas aux Etats-Unis.

Pourquoi tant de Cubains cherchent-ils à émigrer ?

Plus de 43.000 Cubains sont entrés aux Etats-Unis entre octobre 2014 et fin septembre 2015, selon les chiffres des services des douanes américains obtenus par le Pew Research Center. Cela correspond à une hausse de 78% par rapport à l'année précédente.

Nombre de Cubains redoutent la disparition du régime spécial d'immigration dont ils bénéficient aux Etats-Unis après le spectaculaire rapprochement entamé par les deux pays depuis un an.

D'autres estiment que les conditions de vie sous le gouvernement du président cubain Raul Castro n'ont fait qu'empirer, avec peu de signes d'amélioration. Les maigres salaires (20 dollars mensuels en moyenne) peinent à couvrir les besoins et le recours à la fameuse débrouille locale reste la norme.

Environ deux millions de Cubains vivent aux Etats-Unis.

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