POLITIQUE
09/01/2016 02:07 EST | Actualisé 09/01/2016 02:08 EST

Les indépendantistes catalans s'entendent sur un chef pour le gouvernement régional

ASSOCIATED PRESS
Acting regional President Artur Mas pauses during a press conference in Barcelona, Saturday, Jan. 9, 2016. Catalonia's pro-independence parties have agreed to appoint a new leader to enable the creation of a regional coalition government and reinvigorate a push for independence from Spain by 2017. Carles Puigdemont was selected Saturday to replace Artur Mas as the

Les indépendantistes catalans se sont mis d'accord samedi pour former un gouvernement régional, afin d'avancer vers la sécession de l'Espagne et éviter de nouvelles élections, a annoncé samedi le président sortant, Artur Mas, retirant sa candidature contestée.

"Je fais un pas de côté et je ne me présente pas comme candidat de Junts pel Si à la réélection à la présidence du gouvernement régional", a déclaré le président de la région du nord-est, l'indépendantiste et conservateur Artur Mas, lors d'une conférence de presse.

Son retrait in extremis sort de l'impasse les deux formations indépendandistes qui depuis trois mois avaient été incapables de s'entendre pour former un gouvernement.

M. Mas a annoncé que le nouveau candidat à la présidence de la région était un membre de son parti, Carles Puigdemont, 53 ans. Maire de la ville de Girone, à une centaine de kilomètres au nord de Barcelone, M. Puigdemont préside l'association des municipalités pour l'indépendance.

"Ce n'est pas une décision facile mais c'est une décision cohérente", a dit M. Mas en référence à son retrait. "Si je le pouvais, je devais sauver le processus" indépendantiste, a-t-il insisté.

Les deux listes indépendantistes, "Junts pel Sí (Ensemble pour le oui) et la CUP sont parvenues à un accord pour former un gouvernement et ne pas aller aux élections", avait auparavant expliqué à l'AFP une source au sein du gouvernement de la région.

La loi accordait aux parlementaires catalans jusqu'à dimanche soir, à minuit, pour investir un gouvernement régional.

En cas d'échec, de nouvelles élections auraient dû être convoquées lundi, les quatrièmes dans la région en un peu plus de cinq ans. Et le camp séparatiste aurait pris le risque de perdre sa toute première majorité absolue dans l'hémicycle catalan, obtenue le 27 décembre, avec 47,8% des voix et 72 sièges sur 135.

La liste Junts pel si (Ensemble pour le oui), avait remporté les élections régionales avec 62 sièges sur 135, mais avait besoin des voix d'au moins deux députés de la CUP et de l'abstention des huit autres pour une investiture.

La petite formation indépendantiste d'extrême gauche Candidature d'unité populaire (CUP) refusait de reconduire Artur Mas à la tête de la région, lui reprochant les politiques d'austérité des quatre dernières années et la corruption de son parti. Jusqu'à présent, la coalition avait toujours refusé de proposer un autre candidat qu'Artur Mas.

La majorité séparatiste - de droite, de gauche et d'extrême gauche - est censée amener la Catalogne à se séparer de l'Espagne en 2017 au plus tard. Le 9 novembre, les députés indépendantistes ont adopté une résolution annonçant le lancement du processus d'indépendance, annulée quelques semaines plus tard par la Cour constitutionnelle espagnole.

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