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08/01/2016 10:02 EST | Actualisé 08/01/2016 10:05 EST

Pédophilie : les preuves contre Neil Bantleman remises en question par une enquête de CBC

Les tests brandis par la mère de l'une des présumées victimes de l'enseignant ontarien Neil Bantleman pour prouver que son fils avait été agressé sexuellement par lui en Indonésie sont erronés, selon CBC.

Un spécialiste torontois des maladies infectieuses interrogé par l'émission d'enquête The Fifth Estate, Sumon Chakrabarti, affirme que les résultats des tests présentés en cour par la mère ne prouvent pas, contrairement aux dires de la famille, que le garçon de 5 ans ait contracté l'herpès, ce genre de test entraînant souvent de faux positifs, selon lui.

La mère Pipit et son fils, l'une des présumées victimes de pédophilie Photo : CBC

CBC a même invité le garçon à se soumettre à un autre test, réalisé dans un laboratoire en Europe plutôt qu'en Indonésie. Les résultats ont été négatifs eux aussi.

« Hors de tout doute raisonnable, cet enfant n'a jamais été exposé à l'herpès. » — Sumon Chakrabarti, spécialiste des maladies infectieuses

La mère du garçon, Pipit, continue, néanmoins, à soutenir que son fils a été agressé sexuellement par l'enseignant de 46 ans, alors qu'il travaillait à l'École internationale de Jakarta en 2013-2014.

Selon elle, les résultats du test européen sont erronés.

Comme dans un mauvais film

Neil Bantleman risque dix ans de prison, si les autorités indonésiennes gagnent en appel. Photo : Tracy Bantleman

Pour sa part, Neil Bantleman est en liberté pour l'instant, mais il ne peut quitter l'Indonésie, parce que les autorités locales veulent en appeler de son acquittement en août dernier. L'homme de Burlington, à l'ouest de Toronto, avait été condamné à l'origine à dix ans de prison.

« Ce qui m'est passé par la tête, c'est je suis Canadien, je suis enseignant et je vais en prison en Indonésie. Est-ce un film? Est-ce un cauchemar? », a raconté Bantleman au Fifth Estate.

Même son avocat, Hotman Paris, pense que le sort de son client est incertain, compte tenu de l'opinion populaire en Indonésie qui l'a déjà jugé coupable. « J'ai dit à Neil de se préparer à toute éventualité », dit l'avocat.

Bantleman a affirmé dans le passé que les accusations contre lui étaient un coup monté de la famille de son accusateur et de la police pour lui soutirer de l'argent, à lui et à la prestigieuse école de Jakarta où il enseignait. En août dernier, une cour indonésienne a rejeté la poursuite de 125 millions de dollars américains contre l'établissement intentée par la mère de l'enfant.

Le gouvernement canadien critique depuis le début le manque de transparence des procédures judiciaires.

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