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04/01/2016 07:42 EST | Actualisé 04/01/2017 00:12 EST

Un parc naturel américain occupé depuis trois jours par des miliciens armés

La police américaine tentait lundi de désamorcer la crise dans un parc national de l'Oregon, que plusieurs dizaines de miliciens armés occupent depuis trois jours pour dénoncer l'incarcération imminente de deux exploitants d'un ranch de cet Etat agricole du nord-ouest.

Sous la neige, quelque cent hommes ont pris possession du siège du Malheur Wildlife Refuge et se sont installés dans le parc, dans la foulée d'une manifestation samedi dans la petite ville voisine de Burns. Ils battaient pavé en faveur de Dwight Hammond, 73 ans, et de son fils Steven, 46 ans, condamnés pour avoir mis le feu à des terres fédérales dans la région.

La police fédérale (FBI) "travaille avec le bureau du shérif du comté de Harney, la police de l'Oregon et d'autres forces de l'ordre locales pour résoudre pacifiquement la situation" dans le parc, a-t-elle assuré dans un communiqué tard dimanche, sans donner de détails "pour des raisons de sécurité".

Aucune présence policière n'était visible dimanche soir près du parc, dont l'entrée était gardée par des hommes de la milice à bord de leurs véhicules, tandis que d'autres montaient la garde depuis une tour.

La situation pourrait toutefois évoluer rapidement, Dwight et Steven Hammond -- qui ont pris leurs distances avec les occupants -- étant en route vers la Californie pour se rendre lundi aux autorités fédérales, a expliqué leur avocat, Me Alan Schroeder, à la presse locale.

Cela mettrait-il fin à l'occupation du Malheur Wildlife Refuge? Une conférence de presse des miliciens anti-gouvernementaux est prévue lundi et pourrait y répondre.

Mais dès dimanche, le shérif du comté suggérait qu'il s'agissait davantage d'une provocation visant les autorités qu'un mouvement de soutien.

"Ces hommes du comté de Harney, qui revendiquent leur appartenance à une milice soutenant les éleveurs locaux, ont en réalité des motivations tout à fait différentes qui sont de tenter de renverser le gouvernement local et fédéral dans l'espoir de lancer un mouvement à travers les Etats-Unis", déclarait Dave Ward.

- écoles et tribunal fermés -

Les protestataires, un groupe disparate d'exploitants agricoles et d'éleveurs anti-gouvernementaux ont pour leur part assuré qu'ils n'entendaient pas être violents mais qu'ils n'excluaient pas de se défendre en cas d'assaut policier.

Après une manifestation qui avait rassemblé samedi environ 300 personnes à Burns, le groupe s'était rendu dans le parc fédéral -- situé à 80 kilomètres de la ville de 2.800 âmes -- où vivent entre autres animaux des chevaux sauvages et des antilopes d'Amérique .

Les écoles alentour ont été fermées pour toute la semaine et le tribunal du comté a annoncé sa fermeture "pour des raisons de sécurité".

L'agence américaine de protection de la nature (US Fish and Wildlife Service) a de son côté rassuré sur Twitter en expliquant que tout son personnel est en "sécurité" et qu'elle "travaille a une résolution pacifique" de la situation.

Un juge a ordonné que Dwight et Steven Hammond, qui ont déjà fait de la prison pour un incendie, contrôlé selon eux mais qui s'est étendu à des terres fédérales, retournent derrière les barreaux, estimant trop clémente leur première condamnation.

Les deux éleveurs ont été condamnés à quatre ans de prison, après y avoir déjà passé trois mois pour le père et un an pour le fils.

Parmi les occupants du parc figurent par ailleurs les frères Ammon et Ryan Bundy, fils de Cliven Bundy, un autre agriculteur pro-armes du Nevada voisin qui avait affronté la police en 2014.

Au journal The Oregonian, Ammon a affirmé que le groupe comptait rester "des années" s'il le fallait, jusqu'à ce que le gouvernement rende les terres aux exploitants locaux.

Il s'agit du dernier incident en date opposant des exploitants agricoles de l'ouest américain au gouvernement fédéral, que les premiers accusent de mauvaise gestion des terres.

bur-sha/vog