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04/01/2016 05:53 EST | Actualisé 04/01/2017 00:12 EST

Turquie: un maire condamné à 15 ans de prison pour appartenance au PKK

Le maire de la ville de Van, dans l'est à majorité kurde de la Turquie, a été condamné lundi à quinze ans de prison pour appartenance au Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), sur fond de violents affrontements entre l'armée et les rebelles kurdes.

Bekir Kaya, 38 ans, avocat de formation et co-maire depuis 2009, a été reconnu coupable par un tribunal de sa ville de "complicité et appartenance à une organisation terroriste", a annoncé sous couvert d'anonymat un de ses collaborateurs à l'AFP.

Membre du principal parti prokurde du pays, le Parti de la démocratie des peuples (HDP), M. Kaya, avait déjà été emprisonné pendant dix mois de 2012 à 2013 dans une précédente procédure visant les ramifications du PKK dans sa ville.

Ce verdict intervient alors que le sud-est de la Turquie se trouve depuis plusieurs mois en état de quasi-guerre civile.

Après plus de deux ans de cessez-le-feu, les hostilités ont repris l'été dernier entre les forces de sécurité kurde et le PKK, faisant voler en éclats les pourparlers de paix engagés en 2012 pour mettre un terme à un conflit qui a fait plus de 40.000 morts depuis 1984.

Le président islamo-conservateur Recep Tayyip Erdogan a affirmé la semaine dernière que 3.100 combattants rebelles avaient été tués courant 2015. Plus de 200 policiers et soldats ont également perdu la vie.

Sur instruction du gouvernement, la justice a ouvert des enquêtes contre de nombreux responsables politiques kurdes, notamment les deux chefs de file du HDP, Selahattin Demirtas et Figen Yüksekdag, accusés de crimes contre l'ordre constitutionnel pour avoir réclamé l'autonomie des Kurdes.

Samedi, M. Erdogan s'est prononcé pour la levée de leur immunité parlementaire. "Ils doivent payer le prix" de leurs déclarations, a-t-il estimé.

Selon la presse kurde, la justice turque a lancé depuis l'été des poursuites contre 36 élus prokurdes de Turquie, dont 16 ont déjà été placés en détention, notamment pour "menace à l'unité du pays".

BA/pa/alc