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04/01/2016 04:47 EST | Actualisé 04/01/2017 00:12 EST

Moscou prêt à "soutenir" un dialogue entre Ryad et Téhéran (Affaires étrangères)

La Russie "est prête à soutenir" un dialogue entre Ryad et Téhéran, se disant "profondément préoccupée" par la crise déclenchée par l'exécution d'un dignitaire chiite critique du pouvoir saoudien, a déclaré lundi le ministère russe des Affaires étrangères.

"Nous demandons avec insistance à Téhéran et Ryad et aux autres pays du Golfe de faire preuve de retenue", a indiqué le ministère, appelant l'Arabie saoudite et l'Iran à prendre "le chemin du dialogue".

"La Russie est prête à soutenir de tels efforts", a-t-il affirmé, ajoutant que "Moscou est profondément préoccupé par la nouvelle escalade de la situation au Moyen-Orient, causée par les grandes puissances régionales, l'Arabie saoudite et l'Iran".

Peu avant, un responsable du ministère avait indiqué à l'AFP que Moscou était "prêt à servir d'intermédiaire" pour résoudre cette crise, sans plus de détails.

Une source diplomatique russe, citée par l'agence de presse TASS, avait précisé que Moscou était prêt à accueillir des pourparlers entre les chefs de la diplomatie iranienne, Javad Zarif, et saoudienne, Adel al-Jubeir.

"Si nos partenaires, que sont l'Arabie saoudite et l'Iran, montrent leur disponibilité et leur volonté, alors notre initiative restera sur la table", a déclaré cette source.

Le chef de la diplomatie russe Sergueï Lavrov avait accueilli séparement MM. Jubeir et Zarif l'an dernier pour des discussions sur la Syrie, alors que Moscou pousse à la création d'une large coalition afin de combattre les jihadistes de l'organisation Etat islamique.

La crise entre le royaume saoudien sunnite et l'Iran chiite a éclaté samedi avec l'exécution du cheikh Nimr el-Nimr avec 46 autres personnes condamnées pour "terrorisme", dont la majorité pour des attentats attribués au réseau sunnite Al-Qaïda.

Après l'attaque de son ambassade à Téhéran, et la violente réaction iranienne à cette exécution, l'Arabie saoudite a rompu dimanche ses relations diplomatiques avec l'Iran.

Bahreïn a également rompu ses relations diplomatiques avec Téhéran tandis que les Emirats arabes unis ont rappelé leur ambassadeur en Iran et réduit leurs liens avec la république islamique.

Les Etats-Unis, alliés des Saoudiens mais qui se sont aussi rapprochés des Iraniens à la faveur de l'accord sur le nucléaire conclu en juillet, ont appelé "à prendre des mesures positives pour calmer les tensions".

Berlin a de son côté appelé les deux capitales à tout faire pour "reprendre leurs relations".

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