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04/01/2016 06:07 EST | Actualisé 04/01/2017 00:12 EST

Migrants: le Danemark et la Suède resserrent leurs contrôles aux frontières

COPENHAGUE — Le Danemark et la Suède ont resserré les contrôles à leurs frontières, lundi, pour endiguer l'afflux important de migrants arrivant de l'Allemagne.  

Depuis dimanche, à minuit, la Suède a commencé à exiger que tous les passagers de train provenant du Danemark présentent des pièces d'identification — ce qui n'avait pas été demandé depuis les années 1950.

Quelques heures après que les mesures suédoises eurent été en vigueur, le gouvernement danois a annoncé à son tour qu'il augmenterait les contrôles à sa frontière avec l'Allemagne pour éviter que les migrants restent pris au Danemark après s'être fait refuser en Suède.

Le premier ministre danois Lars Lokke Rasmussen a déclaré que le gouvernement ne voulait pas que le pays devienne la «nouvelle grande destination pour les réfugiés».

Il s'agit donc d'un nouveau coup porté à la politique d'ouverture des frontières intérieures de l'Union européenne (UE) alors qu'environ un million de migrants sont entrés en Europe en 2015, la plupart par la Grèce et l'Italie.

M. Lokke Rasmussen a prédit que si l'UE ne pouvait pas protéger ses frontières extérieures, plusieurs autres pays seront forcés d'imposer leurs propres contrôles temporaires.

Le premier ministre danois a argué que les mesures de son pays n'étaient pas aussi sévères qu'en Suède, qualifiant les contrôles de «sporadiques».

Le gouvernement danois de centre droit a présenté une série de mesures pour dissuader les migrants à se rendre au Danemark, dont une proposition de saisir leurs bijoux pour couvrir leurs dépenses dans le pays.

Plus de 190 000 migrants ont franchi la frontière entre l'Allemagne et le Danemark l'année dernière. Environ 13 000 d'entre eux ont demandé le statut de réfugié au Danemark alors que les autres se sont rendus en Suède, en Norvège et en Finlande, selon le premier ministre danois.

Le gouvernement suédois de gauche était auparavant ouvert aux migrants, mais il a reculé lorsque plus de 160 000 Syriens, Irakiens et Afghans, notamment, ont demandé le statut de réfugié au pays — le plus grand nombre de demandes en Europe après l'Allemagne.

Un défenseur des droits des réfugiés a signalé que de telles mesures pouvaient avoir un «effet domino» en Europe.

Lorsque les nouvelles règles de la Suède ont été adoptées le mois dernier, le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés a prévenu qu'elles pourraient empêcher des individus «d'exercer leur droit d'asile».

Les mesures semblaient avoir eu un effet immédiat. La porte-parole de la police suédoise Ewa-Gun Westford a affirmé qu'en milieu de journée, lundi, seulement un migrant a traversé le Danemark vers la Suède en train. Lorsque la crise battait son plein il y a quelques mois, plus de 1000 migrants franchissaient la frontière quotidiennement.