NOUVELLES
04/01/2016 13:47 EST | Actualisé 04/01/2017 00:12 EST

Les tensions entre Iran et Arabie saoudite, danger pour la "poudrière" du Moyen-Orient (Turquie)

La Turquie a appelé lundi l'Iran et l'Arabie saoudite à apaiser les tensions, soulignant que l'hostilité entre ces deux puissances du monde musulman ne pouvaient qu'envenimer la situation dans la "poudrière" qu'est le Moyen-Orient.

"Nous voulons que que ces deux pays renoncent immédiatement à la situation tendue qui va évidemment seulement aggraver les tensions déjà fortes existant au Moyen-Orient", a déclaré le vice-Premier ministre et porte-parole du gouvernement turc Numan Kurtulmus, cité par l'agence de presse Anatolie.

"La région es déjà une poudrière", a poursuivi M. Kurtulmus, qui s'exprimait après une réunion du gouvernement. "Trop c'est trop. Nous avons besoin d'être en paix dans la région", a-t-il encore dit.

Une nouvelle crise a éclaté samedi avec l'exécution en Arabie Saoudite du dignitaire chiite Nimr el-Nimr, critique du pouvoir saoudien, avec 46 autres personnes condamnées pour "terrorisme". Cette exécution a provoqué une guerre des mots entre Téhéran et Ryad et des manifestations de colère dans la communauté chiite en Iran, où les représentations saoudiennes ont été attaquées, en Irak, au Liban, à Bahreïn ainsi qu'au Pakistan et au Cachemire indien.

Dimanche soir, l'Arabie saoudite a annoncé "la rupture de ses relations diplomatiques avec l'Iran et exigé le départ dans les 48 heures des membres de la représentation diplomatique iranienne". Elle a en outre décidé lundi d'interrompre toutes ses liaisons aériennes avec la République islamique.

Les relations de la Turquie avec l'Arabie saoudite se sont considérablement réchauffées ces derniers mois et, en décembre, le président turc Recep Tayyip Erdogan s'est rendu à Ryad où il s'est entretenu avec le roi Salman.

Ces deux pays, en très grande majorité peuplés de sunnites, ont notamment la même analyse du conflit syrien, considérant que seul le départ du président Bachar al-Assad, soutenu par l'Iran, Etat avec lequel la Turquie a ces derniers mois des relations de plus en plus tendues, pourra mettre fin à la guerre civile.

Evoquant à la fois l'Iran et l'Arabie saoudite, Numan Kurtulmus a cependant souligné que "ce sont deux pays islamiques majeurs pour la Turquie. Nous avons de bonnes relations avec chacun d'entre eux".

sjw/kjl-bds/fjb