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04/01/2016 09:31 EST | Actualisé 04/01/2017 00:12 EST

Les PDG les mieux payés gagnent en 4 h le salaire annuel moyen d'un travailleur

En 2014, les 100 PDG les mieux rémunérés au Canada gagnaient le salaire moyen annuel d'un Canadien en une demi-journée, selon une étude du Centre canadien de politiques alternatives (CCPA).

Le CCPA, un organisme de recherche de gauche, a révélé lundi que bien que le salaire de ces hauts dirigeants ait diminué de 2 % en 2014, il a augmenté de 25 % entre 2008 et 2013.

Le salaire annuel moyen des Canadiens (48 636 $) a pour sa part augmenté deux fois moins vite entre ces mêmes années.

La rémunération moyenne annuelle des 100 PDG les mieux rémunérés au Canada était de 8 960 000$ en 2014.

Voici un aperçu des 5 PDG canadiens les mieux rémunérés, incluant le salaire de base, les primes, les actions, les options d'achat d'actions, le régime de retraite et les autres formes de rémunération.

Seulement deux femmes font partie de la liste, soit Linda Hasenfratz de Linamar Corp et Dawn Farrell de TransAlta Corp.

Dans son étude qu'il dévoile annuellement, le CCPA souligne également que la rémunération globale de ces 100 chefs de la direction totalisait 896 millions de dollars en 2014.

Selon le CCPA, une augmentation du taux d'imposition du salaire de ces grands dirigeants d'entreprises canadiennes permettrait de mieux financer les services publics. 

Un montant vite dépensé, selon l'IEDM 

De son côté, l'Institut économique de Montréal (IEDM), un organisme de recherche de droite, rétorque que le salaire des 100 PDG les mieux payés au Canada permettrait de financer le gouvernement canadien pendant seulement 10 heures.

Ainsi, l'IEDM a démontré que la totalité de la rémunération des 100 PDG (896 millions de dollars), représente seulement 0,13 % des recettes des administrations publiques canadiennes, qui se chiffrent à 720 milliards de dollars.

Au cours d'une entrevue lundi avec La Presse Canadienne, Michel Kelly-Gagnon, président et directeur général de l'IEDM, a dit trouver cette étude « superflue », ajoutant qu'elle ne sert qu'à « susciter l'envie ».

Il affirme ne pas s'opposer, cependant, à un débat sur la rémunération des hauts dirigeants par rapport aux résultats financiers de l'entreprise.

M. Kelly-Gagnon trouve cependant inutile de faire des liens entre cette rémunération des 100 chefs de la direction, les déficits des provinces et le financement des programmes sociaux, tel que le fait le CCPA.