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04/01/2016 09:20 EST | Actualisé 04/01/2017 00:12 EST

Les miliciens qui occupent un parc national de l'Oregon refusent de partir

Deux jours après avoir pris d'assaut un édifice situé dans un parc naturel qui appartient au gouvernement fédéral, le Malheur National Wildlife Refuge, près de Burns, en Oregon, les miliciens poursuivent leur siège, mené au nom des libertés individuelles. Le FBI, qui dit surveiller la situation, n'est pas encore intervenu.  

Ce qui a débuté comme une marche de soutien en faveur de deux ranchers condamnés à la prison pour avoir incendié des terres publiques s'est rapidement transformé en mouvement de protestation contre le gouvernement fédéral, sommé de restituer aux autorités locales les terres qui lui appartiennent.

Le porte-parole des manifestants, Ammon Bundy, a soutenu que, s'il le fallait, ils étaient prêts à rester « des années » pour obtenir ce qu'ils voulaient. Il a refusé de dire combien de personnes se trouvaient sur la propriété.

L'objectif de l'occupation est de « redonner la terre et les ressources aux citoyens afin que les citoyens de tout le pays puissent de nouveau être prospères », a-t-il soutenu.

« Nous n'avons pas l'intention de recourir à la force, mais nous nous défendrons si nous sommes attaqués », a-t-il averti.

Son frère Ryan a dit espérer que le mouvement s'étendrait à d'autres États américains.

La création du refuge national pour oiseaux a nui aux habitants de la région, plus particulièrement aux ranchers, aux mineurs et aux chasseurs, a-t-il soutenu, affirmant qu'il avait pris la place de 100 ranches en un siècle.

Les médias américains ont rapporté que plusieurs camionnettes et des hommes armés en tenue de camouflage bloquaient l'entrée du parc.

Les autorités ont par ailleurs indiqué que le personnel était en sécurité.

Le FBI, dans un communiqué émis dimanche soir, a dit collaborer avec les autorités de la localité et de l'État afin de « résoudre la situation de façon pacifique ». Le Bureau, qui mène les opérations, a refusé de donner des détails sur ce qu'il entend faire, invoquant des impératifs de sécurité.

À l'échelle du pays, plusieurs citoyens ont critiqué son inaction jusqu'ici, attribuée au fait que les manifestants sont des Blancs.

L'étincelle à l'origine de l'occupation

Avant d'occuper le refuge, les protestataires, se comptant alors par centaines, ont manifesté à Burns, une ville d'environ 2700 habitants située en plein désert, pour offrir leur soutien à Dwight et Steven Hammond, condamnés à la prison. Plusieurs d'entre eux sont venus d'autres États.

C'est la décision d'une cour d'appel ayant révisé la sentence initiale de Dwight et Steven Hammond - l'une de trois mois, l'autre d'un an - qui a mis le feu aux poudres. Le tribunal de deuxième instance a condamné les deux hommes, un père et son fils respectivement âgés de 73 et 46 ans, à une peine d'emprisonnement de quatre ans pour avoir déclenché des incendies, en 2001, puis en 2006, afin de couvrir des actes de braconnage. Le feu s'était étendu à des terres fédérales.

Les deux ranchers ont reconnu avoir allumé des feux sur leurs domaines, mais affirment l'avoir fait pour éviter la propagation de plantes invasives.

Par la voix de leur avocat, ils ont indiqué qu'ils se rendraient aux autorités dans la journée. Ils se sont rapidement dissociés des actions du groupe dirigé par Ammon Bundy.

Celui-ci voit pour sa part dans la décision du tribunal un acte de représailles envers les deux hommes pour avoir refusé de vendre leurs terres au gouvernement fédéral.

Ce nouvel épisode s'inscrit d'ailleurs dans un combat que mènent depuis des décennies des citoyens de l'Ouest américain contre le gouvernement fédéral pour récupérer des terres.

Cliven Bundy, un rancher proarmes et antigouvernement qui est le père du porte-parole des manifestants, a lui-même été à la tête d'une manifestation armée reliée à cet enjeu l'an dernier.