NOUVELLES
03/01/2016 23:27 EST | Actualisé 03/01/2017 00:12 EST

Le Premier ministre japonais tend la main à Poutine

Le Premier ministre japonais Shinzo Abe a tendu lundi la main au président russe, évoquant la possibilité d'une visite de Vladimir Poutine au Japon et réitérant son appel à la conclusion d'un traité de paix.

La Russie et le Japon, enferrés dans une dispute territoriale au sujet de quatre îles du sud de l'archipel des Kouriles saisies à la fin de la Seconde guerre mondiale par l'Union soviétique et revendiquées par le Japon, n'ont toujours pas signé d'accord mettant officiellement fin au conflit.

"Le président Poutine et moi-même sommes d'accord sur le fait qu'il est anormal que nos deux pays n'aient toujours pas de traité de paix 70 ans après" la fin de la guerre, a déclaré M. Abe à l'occasion de sa première conférence de presse de 2016.

Les négociations concernant ces quatre îles volcaniques appelées Territoires du Nord par le Japon restent au point mort depuis l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie en mars 2014, condamnée par Tokyo et les Occidentaux.

Fin septembre, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov avait exclu, lors d'une rencontre avec son homologue japonais Fumio Kishida, tout compromis avec le Japon, appelant Tokyo à reconnaître "les réalités historiques".

"Les questions relatives aux Territoires du Nord ne peuvent être résolues sans des échanges entre les dirigeants", a déclaré M. Abe. "Je vais poursuivre mon dialogue avec le président Poutine lorsque les occasions se présenteront. Nous réfléchirons au moment le plus opportun pour sa visite au Japon", a-t-il ajouté.

M. Abe sera en mai l'hôte d'un sommet des grands pays industrialisés, qui se limitera au G7, au lieu d'un sommet du G8 qui aurait inclus la Russie. M. Abe n'a en aucune manière laissé entendre lundi que M. Poutine pourrait finalement être associé.

Il a néanmoins appelé à la participation de la Russie sur les grandes questions internationales. "Il est également important que nous obtenions un engagement constructif de la Russie sur les questions du terrorisme, de la Syrie et de l'Iran", a déclaré le Premier ministre japonais.

Moscou, qui a commencé à mener des frappes aériennes en Syrie le 30 septembre sur demande du régime de Damas, est régulièrement accusée de viser les rebelles hostiles au président syrien Bachar al-Assad alors qu'elle affirme de son côté ne viser que les groupes terroristes, comme l'organisation Etat islamique.

hih-uh/ros