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04/01/2016 06:38 EST | Actualisé 04/01/2017 00:12 EST

Le ministre français de la Défense à Ankara pour parler Syrie et EI

Le ministre français de la Défense Jean-Yves Le Drian doit se rendre lundi soir et mardi à Ankara où il évoquera avec les dirigeants turcs, dont le président Recep Tayyip Erdogan, la guerre en Syrie et le groupe Etat islamique (EI), a-t-on appris de source proche du ministre.

Il s'entretiendra également avec son homologue turc Ismet Yilmaz, dont le pays partage avec la Syrie une frontière de plus de 900 km.

Les Occidentaux, en particulier Washington, ont insisté ces dernières semaines auprès des Turcs pour qu'ils ferment hermétiquement leur frontière sur une centaine de kilomètres au sud de Gaziantep (sud), encore contrôlée côté syrien par l'EI.

L'EI perd actuellement du terrain, tant en Syrie qu'en Irak. Ces pertes se font, explique-t-on dans l'entourage du ministre français, "au profit des combattants kurdes" des deux pays, et "le seul point de passage de l'EI vers le monde extérieur est désormais Jarabalus", ville syrienne située à la frontière turque.

Longtemps accusé de complaisance envers les rebelles syriens les plus radicaux, Ankara a rejoint depuis l'été la coalition antijihadiste qui bombarde les positions de l'EI.

"L'EI a perdu beaucoup de cadres, ce qui désorganise son potentiel, mais d'autres combattants continuent à arriver", a-t-on précisé de même source française.

La frontière turco-syrienne a constitué durant plusieurs mois le principal point de passage des recrues, notamment européennes, qui rejoignent les rangs jihadistes.

Depuis les derniers attentats de Paris (130 morts, le 13 novembre), revendiqués par l'EI, la France s'est efforcée de bâtir une coalition élargie anti-EI.

Elle a déployé son porte-avions Charles de Gaulle dans le Golfe, avec 26 chasseurs-bombardiers à bord, pour frapper l'EI en Irak et Syrie. Elle en compte douze autres stationnés en Jordanie et aux Émirats arabes unis.

Les 15 membres du Conseil de sécurité de l'Onu ont adopté le 19 décembre une feuille de route pour trouver une solution politique à la guerre en Syrie. Elle prévoit des négociations opposition-régime, un cessez-le-feu, un gouvernement de transition et des élections dans les 18 mois.

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